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Une semaine au Kosovo

 L’information en boucle, désormais tout le monde connaît ça : ces images qu’on passe, repasse encore et encore, jusqu’à ce qu’on vous ait bien mis dans la tête « l’unique version des faits » qu’on veut que vous connaissiez, c’est-à-dire celle qui doit déclancher la réaction d’adhésion qu’on attend de vous. Vous souvenez-vous, en 1999, de ces images des mêmes colonnes de réfugiés Albanais Kosovars qu’on fit passer et repasser pendant des jours sur les écrans de la CNN, puis sur ceux des télévisions du monde entier. Ensuite, l’accord des masses acquis, ce qu’on appelle la « Communauté internationale » organisa une intervention armée massive contre les Serbes pour arrêter, nous a-t-on dit à ce moment-là, le « génocide » que Milosevic était en train de perpétrer contre les Albanais en majorité au Kosovo. Le bombardement « humanitaire » contre la Serbie dura 78 jours et se termina le 8 juin d’il y a cinq ans. Le 10 juin, l’ONU votait la résolution 1244 qui constituait « une administration ad intérim du Kosovo à travers laquelle son peuple pourrait obtenir une autonomie substantielle dans le cadre de la République Fédérale de Yougoslavie (comprenant la Serbie avec le Kosovo et le Monténégro) », dont elle réaffirmait clairement « l’intégrité territoriale ». Depuis lors, la région du Kosovo est administrée par une mission des Nations Unies sous la protection militaire de l’OTAN, la KFOR. Quels sont les résultats ? Dans le journal de voyage qu’il a tenu lors de son récent séjour d’une semaine au Kosovo, Alessandro Gori, un envoyé de Peacereporter, raconte certains aspects honteux de la situation actuelle, qui, bien qu’elle soit sous les yeux de tous, n’apparaît pas sur les petits écrans et ni même dans les colonnes de la presse du monde occidental.

 

1er jour : Mitrovica

Pour entrer au Kosovo, d’où qu’on vienne, on ne traverse aucune véritable frontière vu que la région n’est pas encore indépendante. Il s’agit surtout d’un contrôle formel, complètement inexistant si on y arrive en car. Les Serbes vivent dans les districts du nord et on ne se rend presque pas compte qu’on est entré dans la zone sous protectorat international. Vu que ce territoire est rattaché à la mère patrie, ici il n’y a aucun problème. Si un jour le Kosovo est l’objet d’une division, cette zone ira probablement à la Serbie.

 

Je suis presque toujours arrivé au Kosovo en passant par Mitrovica. C’est la ville symbole de cette région par le fait même qu’elle est divisée en deux : au nord du fleuve Ibar, les Serbes, au sud, les Albanais. Les deux communautés se sont souvent affrontées, ici justement, sur le fameux pont : le énième pont qui dans l’ancienne République yougoslave a assumé une signification particulière. Les incidents sanglants de mars dernier ont également commencé à Mitrovica. Ils ont eu pour prétexte la noyade de trois enfants albanais, poursuivis pas des jeunes Serbes avec des chiens. Ensuite cette accusation s’est révélée privée de fondement, mais les agences de presse du monde entier avaient déjà diffusé la nouvelle et le démenti n’a pas fait autant de bruit. Les Albanais ont utilisé la même tactique dans tout le Kosovo : ils ont organisé des démonstrations avec beaucoup d’enfants qu’ils ont mis à la tête des cortèges, mais parmi les agitateurs il y avait des ex militants de l’UCK qui ont incité la foule à marcher sur les habitations des Serbes. Durant ces deux jours, il y a eu 19 morts, 900 blessés, 30 églises détruites, de nombreuses maisons brûlées, et 4.500 réfugiés serbes en plus. Il ne s'est pas agi, comme l’ont expliqué les agences internationales de presse, d’un « conflit interethnique », mais d’un nettoyage ethnique organisé. Face à ces évènements, les militaires internationaux se sont contentés de regarder. Entre autres, l’église orthodoxe de Mitrovica qui s’élève du mauvais côté de la ville, c’est-à-dire au sud, a été incendiée en présence des militaires qui ont laissé faire. Désormais une situation de calme apparent est revenue, et comme chaque jour, quelques dames serbes, leur cabas à la main, attendent qu’un camion les ramènent dans leur enclave, sous escorte armée, bien entendu.

 

2ème jour : Pristina

La «capitale » du Kosovo est l’une des villes les plus inesthétiques des Balkans. A l’entrée de Pristina s’élève l’ « Hotel Victory », qui exhibe, bien en vue sur son toit, une réplique de la statue de la Liberté. Un peu plus loin, un marbrier a eu la bonne idée de donner à sa boutique le nom de « Bill Clinton ». Dehors, les drapeaux albanais et américains s’agitent ensemble, comme presque partout au Kosovo. Quand on approche du centre, sur un immeuble une gigantesque graphie du prédécesseur de G.W. Bush donne la « Bienvenue sur le Boulevard Bill Clinton » par une inscription bilingue (en albanais et en anglais). Pristina pullule d’opérateurs internationaux. Suite à leur arrivée, en 1999, l’Euro a également été introduit comme monnaie officielle. La présence de centaines d’organisations internationales, grandes et petites, avec, comme conséquence, l’affluence de beaucouop d'argent, ont provoqué une énorme augmentation des prix désormais à un niveau européen. Dans les villes principales, un grand nombre d’appartements ont été loués aux coopérants, soit comme logements soit comme bureaux, à des prix occidentaux. Et la majeure partie des Albanais qui ne parle pas l’anglais, ne possède aucun appartement à louer, ou qui est venue de l’Albanie à la recherche d’un peu de chance attend que quelques miettes tombent de la table opulente des organisations internationales. C'est incroyable : en cinq ans, dans un territoire grand comme la province de Savoie on a investi divers milliards de dollars, mais dans de nombreuses zones de la région, l’énergie électrique arrive encore au compte-gouttes. On ne sait pas encore quel sera le statut définitif de cette région. Entre temps, grâce à l’absence de contrôles sur ses frontières administratives, le Kosovo est devenu un véritable trou noir, ouvert à n’importe quel genre de trafic illégal. Par là les armes, la drogue, les êtres humains (essentiellement des prostituées) transitent librement vers l’Europe occidentale. La très puissante mafia albanaise-kosovar contrôle le tout, et dans certains cas avec la complicité secrète de certains opérateurs internationaux, comme et l’IOM (International Organisation for Migration) l’ont dénoncé encore récemment.

 

3ème jour : Camp Bondsteel

La majeure partie des 19.000 soldats de l’OTAN qui constituent la KFOR est Etats-unienne. En 1999, afin d’organiser une présence d’une grande importance dans la région on a créé Camp Bondsteel, la plus grande base militaire de l’Europe sud-orientale. Bondsteel se trouve à environ une heure de voiture de Pristina. Sur la route, on peut voir, par dizaines, les hôtels qui ont poussé comme des champignons ces derniers temps, dont beaucoup seraient une façade pour les trafics illégaux et pour le lavage de l’argent sale. Au cours d’une conversation privée, l’officier américain de liaison qui m’a accompagné s’est déclaré être un fervent souteneur de Bush : « Heureusement qu’on s’est débarrassé de Clinton. Il n’avait pas la poigne », affirme-t-il. Le militaire se dit sûr de la victoire des Républicains aux élections du 2 novembre prochain.

La base est immense. Il y a cinq ans, les terrains ont été réquisitionnés auprès des paysans , pour créer une base qui actuellement recouvre une aire de mille acres avec un périmètre de 6 miles. Bondsteeel abrite environ 4.000 personnes, entre militaires et personnel civil, et on a l’impression qu’une parcelle des Etats-Unis a été transportée sur les douces collines de cette partie des Balkans. Dans la base on trouve tout ce dont on peut avoir besoin : une salle de gym (probablement l’endroit le plus fréquenté durant le temps libre), des magasins dans lesquels on peut acheter des téléviseurs et des DVD aux petits souvenirs, un cinéma, un théâtre dans lequel arrive parfois un groupe, directement de la mère patrie, une église. Il y a même un Burger King au cas où quelqu’un sentirait la nostalgie de la cuisine de chez lui. A l’intérieur de la base, la vie se déroule très lentement, en partie à cause du peu de contacts que les soldats ont avec le monde extérieur. Ce sont presque tous des réservistes de la Garde Nationale et ils font des roulements de six mois car l’Iraq a un grand besoin des soldats de profession et la priorité de l’administration Bush se concentre sur le Moyen-Orient. Toutefois, les intérêts géostratégiques de Camp Bondsteel et la présence militaire des Etats-Unis dans cette partie de l’Europe sont évidents. Quand pour sortir de Bondsteel on franchit à nouveau la barrière, on éprouve la sensation de quitter les USA pour rentrer au Kosovo.

 

4ème jour : Gracanica

Désormais à Pristina il n’y a plus de Serbes, seulement une trentaine de personnes qui survivent dans le même immeuble qui, en théorie, est sous la protection internationale. Mais comme le raconte Z., 28 ans, au mois de mars «les Albanais sont venus nous chercher dans tous les appartements». Avant cette date il y avait encore 150 personnes.
Les Serbes ont fui par dizaines de milliers, la plupart d’entre eux vers la Serbie proprement dite. D’autres se sont transférés dans l’enclave de Gracanica, à une dizaine de kilomètres de la capitale. Il s’agit de l’enclave la plus grande du Kosovo, dans laquelle vivent près de 10.000 personnes en comptant les villages environnants. Nenad Maksomovie, 26 ans, est l’une d’elles. Il est né et il a grandi à Pristina, mais désormais il n’y vit plus parce des Albanais ont occupé son appartement. Nenad travaille comme traducteur, et chaque matin il prend la navette de l’ONU et va dans la capitale, où cependant, en public ou dans les rues d’une ville qui avant était la sienne, il fait attention à ne pas s’exprimer dans sa langue maternelle. Le soir, comme les autres Serbes qui travaillent à Pristina, il reprend la navette vers l’enclave. Leur bus est le seul qui ne porte aucune inscription, pour éviter les attaques des Albanais. Dès qu’ils sont à bord, les Serbes commencent à se détendre, ils parlent finalement sans problèmes et ils peuvent écouter leur propre musique. La vie à Gracanica tourne autour du monastère serbe orthodoxe au centre du village, dont l’église et ses fresques fabuleuses datent de 1321. En 1999, Mgr. Artemije, l’évêque responsable du diocèse du Kosovo, a quitté son siège habituel à Prizren pour s’établir ici et Gracanica est devenue le centre spirituel des Serbes du Kosovo.

 

5ème jour : Prizren

A Prizen, les Albanais ont attaqué durement, même le siège de l’UNMIK. Mais ils ont également brûlé deux églises au centre de la ville. Dans l’une d’elle, dédiée alla Sveta Bogorodica Ljeviska (Notre Dame de Ljeviska), les précieuses fresques remontant au XIVe siècle ont été irrémédiablement détruites. Il en a été de même au monastère de Sveti Arhabdjela, isolé à la sortie de la ville. Le Père Benedikt, 38 ans, originaire de Belgrade, me fait voir les parties incendiées : les cellules des hôtes, la cuisine, le magasin, le laboratoire. « 500 personnes environ se sont rassemblées à Prizren et ils sont venus ici à pieds, en marchant pendant une demi-heure, au milieu de leurs drapeaux au vent », raconte-t-il. « Ils ont commencé à lancer des objets et des bouteilles Molotov depuis la rue. Entre temps nous, nous nous sommes sauvés par un sentier de montagne et, à pieds, nous avons rejoint une enclave serbe ». Il y avait 18 militaires internationaux, des Allemands cette fois, mais ils se sont contentés de regarder, pour voir comment les Albanais incendiaient le complexe qui avait déjà été détruit par les Turcs au XVe siècle. « Maintenant ici nous sommes sept, nous dormons dans les conteneurs et nous disons la messe dans une tente. Nous avons commencé à le nettoyer et nous essaierons de le reconstruire pour la troisième fois », explique Benedikt.

 

6ème jour : Decani

Le monastère de Decani apparaît dans toute sa splendeur au fond de la vallée. Fondé dans la première moitié du XIVe siècle, il représente, avec Gracanica et le Patriarcat de Pec, l’un des joyaux de l’art médiéval serbe qui a son centre au Kosovo, justement. Depuis les collines des alentours, le soir du 17 mars six grenades ont été tirées sur le monastère. Heureusement aucune d’elle n’a atteint son but. Le Père Sava est l’un des moines les plus charismatiques du Kosovo, depuis 1999, quand il est devenu le porte-parole de Mgr. Artemije, l’évêque responsable du diocèse du Kosovo. « Si quelqu’un pouvait encore avoir des doutes avant les faits du mois de mars, désormais l’objectif des Albanais est clair : détruire toutes les traces de la présence serbe ici », explique Sava. Après cinq ans de mission internationale on ne peut que prendre note de sa faillite. « Nous avançons de plus en plus vers une région ethniquement pure. On a fait des erreurs très graves, comme celle de permettre aux anciens soldats de l’UCK et aux unités paramilitaires de rester actifs ». La Communauté internationale a fait tout ce qu’il fallait pour convaincre les Albanais Kosovars qu’un jour ils obtiendraient l’indépendance. « Un évènement de ce genre ne ferait qu’empirer les choses : les quelques Serbes qui vivent encore ici seraient refoulés hors de la région et l’étape suivante, ce serait une guerre civile où, probablement, les autres zones avec une présence albanaise comme la Macédoine, la région de Presevo et de Bujanovac se retrouveraient impliquées, plus dans le but de créer un grand Kosovo que dans celui de créer une grande Albanie », affirme Sava.

 

7ème jour : Belo Polje

« Qu’est-ce que tu dirais si moi je venais m’installer là où ta famille a vécu pendant de nombreuses générations, et que je te demandais si tu as l’intention d'y rester encore longtemps ? » s'étonne Momèilo Savic, « Momo », 45 ans, de Belo Polje, un village près de Peae. Au Kosovo, ce village a été l’un des endroits où, en mars dernier, les attaques contre la population serbe ont été les plus fortes. Momo en est sûr : « Nous voulons continuer à vivre ici, parce que notre place est ici. Nous reconstruirons nos maisons encore une fois, nous avons seulement besoin de financements. » Après ce qui c’est passé durant ces dernières années, Momo aurait pu répondre autre chose, sa réponse n’était pas la seule réponse prévisible. La barrière de contrôle italienne se trouve à l’entrée du village. A perte de vue on ne voit que des ruines, il n’y pas une maison sur pied. Parmi les huit Serbes qui sont restés, Radomir Kostic, « Rade », 65 ans, me montre sa maison de deux étages, à l'aspect typique de la région. « A l’origine, c’est mon grand-père qui l’a construite, en 1930 », explique-t-il. « Elle a également été brûlée durant la seconde guerre mondiale. Et là aussi, il y avait des soldats italiens ». Donc rien de nouveau sur ces terres.

« Belo Polje a toujours été un village serbe », explique Momo, « il y avait 300 familles ». Le 26 juin 1999 presque tout le monde a dû fuir vers la Serbie proprement dite. Quatre personnes furent tuées par les Albanais et toutes les maisons furent incendiées ». En juillet dernier, 34 habitants sont revenus au village avec l’objectif de reconstruire les 25 premières maisons. Le projet prévoyait 67 logements et il était financé par le Centre de Coordination serbe. La TWW, un entreprise allemande, avait fourni le matériel. Le 17 mars justement, c'est le jour que des voisins avaient choisi pour venir en visite afin de se rendre compte des possibilités d'un éventuel retour. Mais il n’aurait pas pu choisir plus mal. Cet après-midi-là, il y avait seulement trois ou quatre soldats italiens de la KFOR. Vers 15 heures, un millier d’Albanais s’est réuni au centre de Peae et ils se sont dirigés vers le village. Entre temps. Les Serbes se sont enfermés dans la paroisse. Une vingtaine de soldats et quelques policiers de la force internationale sont arrivés. L’un d’eux, un Etats-unien, a tiré sur un manifestant et l'a tué. Pendant ce temps-là, les Italiens étaient en train d’évacuer les Serbes vers leur base militaire toute proche. Les Albanais ont donc eu les mains libres, et ils ont pu brûler les nouvelles maisons et détruire les tombes du cimetière sans que personne ne les dérange et sans qu’aucune force internationale n’intervienne. Il est difficile de comprendre comment on peut vivre enfermés dans une cage qui, dans le cas présent, mesure environ un kilomètre carré, dans l'attente qu‘on vienne brûler votre propre maison une nouvelle fois. Momo a les idées claires : « Pour que je puisse vivre ici, les autorités doivent me fournir des droits civils, la liberté de mouvement, le droit à l’éducation et à l’assistance médicale. C’est vrai, en 1997 et 1998, il y avait beaucoup de police serbe, mais au moins les Albanais avaient la liberté de mouvement, ils pouvaient aller acheter leur pain au centre, aller à l’école et dans les hôpitaux on les soignait sans problèmes. Moi, je ne peux pas. Je vis enfermé, comme dans un ghetto », proteste-t-il.

 

Vivre dans un ghetto

Cinq ans après l’intervention de l’OTAN, le Kosovo est désormais presque pur ethniquement parlant, parce que ceux qui ne sont pas Albanais, c’est-à-dire les Serbes, n’ont plus leur place dans la région, et encore moins depuis les faits du mois de mars. Ceci, malgré la mission des Nations Unies, les 19.000 soldats de la force internationales KFOR, la présence de milliers d’autres organisations internationales, tous les types d’organisations gouvernementales ou non gouvernementales, les divers projets pour des milliards de dollars. Et de tout cela, il est vraiment difficile de trouver la moindre trace dans les nouvelles de la CNN et ou dans les autres moyens de communication internationaux.

Signé Alessandro Gori, "Una settimana di vita nel Kosovo", Peacereporter, Traduction de l’italien ImpasseSud.

 


Le même système « en boucle » a été utilisé par les USA pour obtenir un consentement général à l’intervention en Afghanistan, mais Ben Laden court toujours et le terrorisme a largement augmenté. En ce qui concerne l’Iraq, une partie du monde occidental a finalement émis des doutes à propos de la présence des ADM toujours introuvables. Le bien des peuples martyrisés ? Mais allons donc ! Alors qu’attendent les USA pour intervenir en Tchétchénie où les Russes sont en train de tuer ou de faire disparaître tous les hommes ? Dans les trois cas, la seule raison de l’intervention était de déloger un chef d’Etat ou un gouvernement hostile ou peu malléable. Pour les USA, l’intervention en sous-main est une vieille habitude, dans tous les pays de l’Amérique latine, au Cambodge, en Afghanistan, en Géorgie, etc.. mais l’intervention en Yougoslavie a été la première intervention au grand jour dans les affaires internes d’un pays, et qui plus est avec l'accord et la participation de toute la sphère occidentale. 
Tout le monde sait où en est l’Afghanistan d’aujourd’hui, où les bombardements sur les civils continuent, où la culture de l’opium a repris toute son ampleur, où règnent encore les seigneurs de la guerre, où les femmes, à part les quelques milliers appartenant aux familles aisées de Kaboul, n’ont toujours aucun droit et continuent à être condamnées à l’ignorance et brutalisées, où la démocratie du droit de vote pour tous n’est qu’une immense farce organisée pour les yeux des Occidentaux (à la veille des élections, des hommes armés sillonnaient les rues de Kaboul avec une quinzaine de cartes d’électeur à leur nom en poche et les femmes n’avaient pris la leur que parce qu’on leur avait dit qu’elles pouvaient donner une voix de plus à leur mari). Sur l’Etat de l’Iraq aujourd’hui il n’y a pas grand-chose à dire, l’information, même manipulée, ne peut cacher ni le chaos ni la violence qui y règnent. Et pourtant la guerre "officielle" est terminée depuis le 1er mai 2003. Et dans cinq ans?

 

Alors, la prochaine fois qu’on passera une information en boucle, avant de se laisser aller à des conclusions et des prises de position faciles mais surtout de consentir à une guerre, ne sera-t-il pas préférable d'essayer de comprendre ce qui se cache derrière ? 


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Ecrit par ImpasseSud, le Mardi 26 Octobre 2004, 13:57 dans la rubrique "Actualité".

Commentaires et Mises à jour :

ImpasseSud
27-10-04 à 13:36

Elections du 23 octobre 2004 : Les premières depuis 1999

Samedi 23 octobre ont eu lieu les premières élections politiques de la région du Kosovo (encore yougoslave) depuis la fin des bombardements de 1999.

Les Serbes qui habitent encore cette région (pour la plupart au nord de l'Ibar (voir l'article ci-dessus), trompés par le comportement des forces du protectorat international qui ne défendent jamais leurs droits, traités depuis cinq ans comme des intrus sur les terres qui ont toujours été les leurs (toutes les inscriptions en serbe ont disparu, partout, sur les routes, dans les administrations publiques et même dans les publicités, la télévision kosovar n'émet que 10 minutes par jour en langue serbe, et pour communiquer les nouvelles d'une enclave à l'autre, les Serbes ont été obligés de se mettre à communiquer via radio), ont suivi la consigne de boycott donnée depuis Belgrade par le premier mininistre Kostunica et par l'Eglise orthodoxe : sur 218.000 Serbes qui ont le droit de vote, 900 personnes seulement ont été voter. (Petite anecdote : pour la circonstance et pour rendre ces élections "plus sérieuses" aux yeux des spectateurs occidentaux, il convient de prendre note que langue serbe est, comme par hasard, réapparue pendant quelques heures.... sur les bulletins de vote.)

Pour les Albanais, qui représentent désormais 90% de la population du Kosovo, ces premières élections devaient se présenter comme un plébiciste pour l'indépendance. Au lieu de cela, 50% seulement des ayants droit se sont déplacés pour voter.... Rugova crie à la victoire, mais le reste des Albanais n'est-il pas déçu par les promesses jamais tenues des Occidentaux et de la leadership albanaise, par les accords de paix non respectés, par la permanence des bases militaires étrangères, surtout celle des USA (Blondsteel) qui s'est installée "pour rester", en somme par un protectorat militaire sans sécurité à l'ombre duquel prospèrent les affaires mafieuses dans ce que la communauté internationale s'essouffle à appeler le "corridor n° 8" (selon un rapport des Nations Unis, 70 à 80 % de l'économie kosovar serait illicite) et où, de temps en temps explose la poursuite du nettoyage ethnique contre les Serbes?

Au fait, vos JT ont-ils parlé de tout cela?

 
Nada
28-10-04 à 10:46

Re: Elections du 23 octobre 2004 : Les premières depuis 1999

Bonjour!

Jamais "explicitement" Serbe, bien que l'étant de par mes origines, surtout yougonostalgique et peinée par tout ce qui arriva au pays qu'était le mien, j'ai été émue par cet article que je relirai encore.

Merci!

 
Happy
29-10-04 à 18:46

Je te renvoie à ces articles, certes un peu anciens, mais explicites sur les intérêts stratégiques communs du Kosovo et d'Haïti.

Kosovo : stratégie secrète des USA : http://www.globalresearch.ca/articles/COL403A.html


The Destabilization of Haiti : http://www.globalresearch.ca/articles/CHO402D.html

Notamment, vers le milieu de la page : Applying the Kosovo Model, avec référence à cet article : http://www.heise.de/tp/english/inhalt/co/2743/1.html

 
ImpasseSud
29-10-04 à 19:41

Re:

Merci pour ces liens très "explicites", en effet.

 
ImpasseSud
30-10-04 à 08:32

Re: Re:

Happy, après une nuit de sommeil où mon cerveau a continué à élaborer tes informations, je me pose tout à coup une question :
Et Cuba? Je n'arrive pas à m'expliquer que Fidel Castro soit encore au pouvoir après la chute de l'URSS? Les menaces sont récurantes, l'embargo est sévère, mais ça fait plus de 40 ans que ça dure et l'île se trouve à la portée des missiles...
Bon, Cuba ne représente qu'un danger mineur et l'île est pauvre en ressources. Voilà déjà deux très bonnes raisons. Mais je me demande quand même si les USA n'utilisent pas Cuba, justement, come une sorte d'alibi.

 
Happy
31-10-04 à 19:46

Re: Re: Re:

Le site de Cuba Solidarity Project, spécialisé et pro-cubain, contient une mine d'infos : http://perso.club-internet.fr/vdedaj/cuba/ (entre autre la thèse du propriétaire du site sur l'histoire des relations entre les Etats-Unis et de Cuba depuis 1959).
 
Pour ma part, je n'ai que des informations éparses ; ta question mérite d'être creusée ; notamment, l'affaire Haïti pourrait montrer un changement de stratégie de la part des Etats-Unis : l'intérêt stratégique représenté par Cuba pourrait avoir été reporté sur Haïti.
Je ne crois pas tant à l'intérêt de la position d'Haïti entre Cuba et le Venezuela, les deux amis, qu'à sa situation entre la Colombie et Miami pour l'acheminement de la drogue.
 
Miami, siège de la maffia cubaine depuis son départ de Cuba (notamment la rhumerie Baccardi (le "Cuba libre", hihihi !), a fait voter nombre de lois anti-cubaines, et ne se console pas d'avoir dû quitter son paradis).
Il est à noter qu'on dit que ce sont les "réfugiés" cubains de Miami qui ont contribué à la victoire de Bush il y a 4 ans (et n'oublions pas que le frère de ce dernier est gouverneur de la Floride).
De même qu'il est bon de savoir que Robert Ménard, patron de Reporters sans frontières, ancien (?) agent avoué de la CIA, est très lié aux milieux cubains de Miami (vois notamment : http://risal.collectifs.net/article.php3?id_article=1037).
Beaucoup d'attentats sont partis de Miami, notamment contre les hôtels, car le tourisme est l'une des principales ressources de Cuba.
L'une des dernières tentatives parties de Miami aurait échoué à cause... du mal de mer (sic) des protagonistes...
 
Alibi, changement de stratégie, tout ça mériterait d'être creusé. Mais je ne m'en sens pas le courage pour l'instant.
Et ne risque pas l'insomnie pour ça : entre Cuba Solidarity et Chossudovsky (Global Research), il y a de quoi se faire une bonne opinion : bonne, mais écoeurante ; mais on commence à s'en faire une raison, n'est-ce pas ?
 
Pour terminer, je souhaite quand même te faire savoir qu'après avoir en 8 mois traduit plus d'une centaine de textes relatifs à l'Amérique latine (tu as dû jeter un coup d'oeil à certains de mes "textes traduits" dans mes archives), j'en suis sorti moralement épuisé, plus qu'écoeuré : je ne sais si c'est parce que je suis trop "sensible", mais je n'ai jamais voulu prendre trop de distance par réflexe d'auto-protection, et courir le risque de me déshumaniser, convaincu, peut-être à tort, que rien ne peut être fait de sérieux pour ce monde, à quelque place que l'on soit, si l'on n'est pas d'abord touché aux tripes (aux "entrailles", comme disent les Evangiles à propos de Jésus).
Donc prudence ; néanmoins, ma foi bizarre me dit que c'est par les tripes qu'on communique avec l'univers, qu'on lui donne conscience de notre monde, et que de lui vient notre force.
Mais ma foi est vraiment bizarre...
Bon courage ! Philippe (dit Filippo Filicudi, qui a enregistré à la flûte indienne une "Misa siciliana" avec un groupe qui l'a honteusement escroqué...) :-)

 
Incognito
31-10-04 à 20:15

Re: Re: Re:

Je rviens à la charge, mais chaque fois, je dis bien chaque fois que je viens sur ton joueb, je me retrouve avec la touche Ctrl "reprogrammée" et inutilisable (pour un copier_coller par exemple) : elle génère des popups qui sont bloqués par mon navigateur.
J'essaierai de te donner de plus amples infos : pour l'instant, ça part d'un "cibleclick.com" trouvé dans mes fichiers temporaires et les popups sont "Les bons plans vols" de "voyages-sncf.com".
Je vais redémarrer et aller directement chez toi pour essayer de l'attraper quand il se pointe et te donner de plus amples renseignements.