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Couleur « blanc ignorant »

La plupart de nos téléfilms reflète la société occidentale dans son ensemble, avec un regard généralisé sur le présent et vers le passé à travers les personnages adultes ou franchement âgées, et une propulsion vers le futur à travers les protagonistes jeunes, outrés et qui finissent par faire tendance. La grande majorité des dialogues y est relativement classique, dans le sens qu’ils reproduisent simplement « la normalité » sous ses vastes aspects. S’il arrive que cette « normalité » ne ressemble pas exactement à la nôtre, elle est quand même bien réelle même si exacerbée, et si une petite phrase sort de l'ordinaire, c’est, à mon avis, qu’elle est peut-être plus symptomatique que le reste.

 

Hier au cours d’un téléfilm policier américain dont je ne citerai pas le nom, un « détective » demandait à un vieux commerçant chinois qui ne parlait que le chinois de décrire le conducteur d’une voiture qui avait pris la fuite sous ses yeux. Il faisait la demande de rigueur : « Pourriez-vous le décrire ? Comment était-il ? Blanc, noir, asiatique, hispanique ? » Après un long conciliabule, le petit-fils de notre Chinois qui servait d’interprète a fini par répondre : « J’ai honte de ce que je vais dire, mais mon grand-père insiste sur le fait qu’il était de couleur « blanc-ignorant ». »

 

Sur le coup ça m’a fait rire, puis je me suis dit qu’en effet, il y a beaucoup de personnes de couleur « blanc-ignorant », ou tout du moins, qui se comportent comme si elles l’étaient.  

Pour la chronique, je préciserai que le « blanc-ignorant » en question était un « blanc-délinquant ». Va savoir si c'était le seul lien de parenté dans les critères de valeur qui existaient dans la tête de notre grand-père.

 

On oublie trop souvent que tout le monde ne raisonne pas de la même manière, mais que de toute façon, qu’on le veuille ou non, toujours, partout et à tous les niveaux, c'est « l’habit qui fait le moine », et encore plus dans les périodes de régréssion comme celle que nous sommes en train de vivre. Sinon les gens ne feraient pas autant d'efforts pour se couler dans un moule préexistant. Et ce n’est sûrement pas ceux qui, après de multiples entretiens sans issue pour un emploi pour lequel ils sont parfaitement qualifiés, et qui finissent par se demander si leur chemise, leur cravate, leur tailleur ou leurs vêtements en général ont quelque chose qui cloche qui diront le contraire.

 

Oh! N'allez pas croire que la chose me plaise. Bien au contraire! Mais si on peut faire de gros efforts sur soi pour éviter les préjugés, on ne peut pas nier que chacun de nous véhicule, et souvent suite à des choix personnels, une image de soi assez proche de la vérité, laquelle a une influence indéniable sur ceux qu'il rencontre pour la première fois. Et là, il s’agit d’un principe universel dont on peut difficilement se permettre le luxe de ne pas tenir compte.  

 

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Ecrit par ImpasseSud, le Samedi 11 Décembre 2004, 11:54 dans la rubrique "Actualité".