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Pour un peu de chaleur humaine

On en parle tellement de cette « chaleur humaine », 49.400 réponses sur Google. Mais est-ce un indice de son existence ou une preuve de sa piètre existence dans les pays de langue française ? C’est la question que je me suis posée. Tout cela parce qu’autour du séquestre de Florence Aubenas, il y a eu beaucoup de preuves de sympathie, mais beaucoup moins de manifestations de masse que pour Giuliana Sgrena, parce qu’autour du retour de Florence, je n’ai rien vu du délire déclanché par la libération de Giuliana (avant qu'elle ne soit blessée). Et pourtant cinq mois, c’est pire qu’un mois. L’espoir vient à manquer, la lassitude s’installe. Et tous ces silences interminables, les appels de sa mère… qu’on n’a même pas eu l’idée d’envoyer au devant de sa fille, ne serait-ce qu’à Chypre. Puis on voit arriver une Florence qui, presque comme si de rien n’était, va seule au devant de Jacques Chirac, les quelques secondes ou mère et fille sont les yeux dans les yeux, un groupe restreint et contenu, les sauts de joie un peu trop réservés dans les bureaux presque vides de Libération. Se retient-on pour le jour de sa réapparition au journal ? Le bref récit de Serge July dans Libération de ce matin me rassure un peu.

 

Ici, je ne suis pas en train de mesurer la profondeur ou la vérité des sentiments, mais simplement en train de me demander si, à force de retenues, on ne finit pas par prendre l’absence de manifestations extérieures pour de l’indifférence ou de la tiédeur. Est-il impossible que ce soit l'impression qu'aient eu ses géôlers depuis Bagdad? Est-il impossible que cela ait été une des raisons de la lenteur des négociations ? Les Français penseront peut-être que les Italiens exagèrent parfois dans leurs extériorisations. Ils n’ont pas tort, mais il est plus facile de s’en détacher, de les ignorer, de faire la part des choses, plutôt que de rester indéfiniment sur un manque, sur une faim de chaleur humaine que personne ne comble jamais.

 

Moi-même j’ai hérité de cette « retenue » bien française, de l'habitude de sauver l'apparence coûte que coûte. Va savoir si ce n’est pas cela, justement, qui m’a poussée de l’autre côté des Alpes. Bien que personne ne veuille jamais se l’avouer, dans la vie, combien de choix ne fait-on pas pour un peu de « chaleur humaine » !

 

Bon retour à toi, Florence!

 

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Ecrit par ImpasseSud, le Lundi 13 Juin 2005, 10:21 dans la rubrique "Actualité".

Commentaires et Mises à jour :

Moleskine
13-06-05 à 16:21

Il y a un paradoxe en effet. Autant, la France entière a pu se mobiliser (citoyens, médias, associations diverses, sociétés privées, Mairies, ...) pour demander la libération de Florence et de son chauffeur et guide (la prochaine fête de la musique devait leurs être dédiée) autant l'arrivée sur le sol hexagonal de l'avion venu de Chypre avait un air ... de déjà vu ... "Seulement" mille personnes place de la République, des ministres absents ou invisibles à Villacoublay, et je me retiens d'évoquer ces candidats divers, à diverses élections, qui ont trouvé terreau pour leurs campagnes dans ce drame personnel ...  A croire que le plaisir tient dans la mobilisation et non dans sa conclusion (?) Je risque de m'attirer les foudres, mais qu'importe les orages sont déjà bien présents par ici. Je confirme enfin, la "chaleur humaine" guide bien des choix ... et Florence a retrouvé les siens !


 
ImpasseSud
13-06-05 à 19:54

Re:

J'ai suivi de près toutes les manifestations en faveur de Florence, mais aussi les plaintes de sa mère depuis Ixelles, accusant la France de sa tiédeur par rapport à la Belgique.

En fait, il y a surtout eu un grand nombre de "petites" manifestations, et je savais que la fête de la musique lui serait dédiée. A mon humble avis, cependant, le choix de ce type de manifestations démontrait une grande ignorance de la mentalité des pays méditerranéens ou du Moyen-Orient en général où on aime ce qui est apparent, grandiloquent. Les Français auraient dû tirer une leçon des récits de Giuliana Sgrena (libérée le 4 mars) quand elle a raconté l'impression qu'ont faites sur ses geôliers la descente dans la rue de 500.000 personnes à Rome, mais aussi les slogans écrits sur les maillots des stars du foot, sport qui passionne les Iraquiens, etc... Pour eux, ce qui comptait, c'étaient les manifestations reprises par la TV et visibles à Bagdad. Savoir flatter l'ego des ravisseurs ne signifie pas qu'on leur donne raison, mais bien souvent cela fait avancer les choses plus rapidement.

Enfin, comme tu le dis, l'important, c'est que Florence et Hussein aient été libérés, qu'ils soient l'un et l'autre en bonne santé et qu'ils aient retrouvé leur famille.


 
Moleskine
14-06-05 à 07:14

Re: Re:

Si l'implication de la Roumanie se vérifie on pourra aussi parler de "tiédeur" et d'absence dans la déclaration télévisée du Président. Pourquoi ne pas reconnaître des interventions, des aides venues d'ailleurs ... ? Quoi qu'il en soit la conférence de presse de Florence cette après-midi semble très attendue ...


 
ImpasseSud
14-06-05 à 10:15

Re: Re: Re:

Attendons donc cette conférence de presse, mais, tout comme dans le cas de l'attaque américaine à la voiture où voyageaient Giuliana Sgrena et son sauveteur Nicola Calipari, je ne crois pas qu'on répondra aux questions que tout le monde se pose. J'ai, moi aussi, entendu les déclarations de l'otage roumaine. Ici la confusion est grande car, il y a quelques semaines, en ce qui concerne les trois jourrnalistes roumains, on a parlé d'un enlèvement organisé par la pègre roumaine.


 
ImpasseSud
14-06-05 à 20:50

J'ai écouté la conférence de presse.

Florence a vraiment un grand sens de l'humour. Son témoignagne est en franche discordance avec celui de la journaliste roumaine. Pour le reste, à part les conditions de sa détention et la description sommaire des personnes avec qui elle a été en rapport, son récit ne dévoile pas grand chose, mais confirme, de la part de ses ravisseurs l'attente déçue pendant plus de deux mois de signes médiatiques d'une mobilisation en sa faveur. 

 
PierreDesiles
16-06-05 à 16:07

Re:

J'ai regardé FLorence Aubenas sur France2 avec Béatrice Schonberg et j'ai trouvé la présentatrice un peu trop incisive dans ces questions, comme poussée par sa direction pour en obtenir le scoop. La fatigue se fraisait sentir sur le visage de Florence.

David Pugadas, toujours sur France2, l'a reçu après sa conférence de presse et le ton était un peu plus détendu.

J'ai retrouvé ensuite, Florence sur i-télé avec Guillaume Durand, où les pièges étaient bien tendus (avec le sourire de G D)sur des questions sans réponse, et j'ai senti de nouveau Florence sur ses gardes, comme pour retrouver le fil de son récit sans trahir un "secret".

Comme le fardeau doit être dur à porter, quand on est toujours l'otage de quelque chose et la, c'est de l'information!. Rien ne doit filtrer, rien ne doit faire allusion à quoi que ce soit... sinon?

J'ai trouvé aussi la réception de Florence, à l'aéroport, un peu trop protocolaire et pas assez humaine. Peut-être la foule était-elle maintenue à distance?

En tout cas, d'après son récit, je ne sais pas si j'aurai pu résister à un emprisonnement de la sorte avec pieds et mains, liés, un bandeau sur la tête et le tout dans l'obscurité, moi qui suis claustrophobe!

On a peine à croire qu'on est dans l'ère moderne du 21ème siècle, avec des tortures moyenâgeuses!!


 
ImpasseSud
16-06-05 à 17:21

Re: Re:

Pierre, comme je l'ai écrit plus haut, j'ai dû m'en tenir à sa conférence de presse, mais je n'ai pas eu l'impression qu'elle cachait grand chose. Son récit avait un peu le même ton de celui de Giuliana Sgrena. Ce qui ne veut pas dire qu'en-dessous.... Mais est-elle forcément au courant?

Espéreons que l'enquête parlementaire éclaircira les points obscurs, mais j'en doute fort, car s'il est évident qu'on ne libère pas un otage pour ses beaux yeux, il est tout aussi évident qu'on n'aime pas reconnaître qu'on a fini par céder à un chantage, à une requête d'échange, au paiement d'une rançon. Ces secrets-là sont bien gardés.