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Traductions

J’aime faire des traductions, j’éprouve une sorte de jouissance à m’introduire dans la pensée de l’auteur d’un texte, dans sa tournure d’esprit, dans la gamme de son vocabulaire à travers le temps et le milieu, et contrairement à ce que beaucoup de monde pense, c’est une tâche très difficile qui va bien au-delà de la parfaite compréhension. Il s’agit plutôt d’un emprunt, d’un joyau qu’on vous prête pendant quelques temps, mais qu’il faut restituer intact, ou le plus proche possible de l’original vu que les façons de penser, les modes d’expression, les critères d’importance diffèrent d’une langue à l’autre. Je suis tellement convaincue de la nécessité de cette fidélité viscérale faite d’une approche humble qu’il m’arrive d’une part d’acheter le même livre dans deux langues différentes, l’orignal et l’autre, et, d'autre part, d'écarter presque systématiquement les traductions effectuées par les grands écrivains qui, - pour moi c’est tellement évident -, ne peuvent absolument pas éviter d’y insérer quelques bribes de leur génie, mettant la main, même sans le vouloir, à une trahison. Ce qui explique pourquoi il existe parfois des traductions si différentes d’un même texte.

Traduire requiert un travail immense qui a besoin de temps, d’un approfondissement et d’un assouplissement notoires de sa propre langue qu’on ne cesse de fouiller et fouiller encore jusque dans ses tréfonds, dans toutes ses subtilités. Il arrive que l’on butte pendant plusieurs jours sur un mot ou une phrase que l’on a parfaitement compris, mais dont on n’arrive pas à rendre l’esprit, faute des mots justes. Alors, si on en a le temps, on laisse « décanter », mine de rien. Et alors qu’on poursuit son chemin sans plus y penser, la réponse, comme pour de nombreux problèmes, jaillit, parfaite, parfois en plein sommeil….

Comme cette nuit par exemple, où le « mot juste » m’a réveillée un peu avant cinq heures. J’avais deux possibilités : où je le mettais de côté dans mon esprit, mais il est probable que j’allais en perdre le sommeil, ou je me levais, allumais mon ordinateur le plus discrètement possible et ajoutais le « nouveau venu ». C’est ce que j’ai fait. Ensuite, je me suis rendormie, l’esprit en paix, jusqu’à 11 heures 30. Il y avait longtemps que je n’avais pas dormi aussi tard.

 

L’écriture, quel que soit son type, a besoin de calme et de silence pour être élaborée et achevée. Dans le cas des traductions, si je crois à l’expérience et à la familiarité avec un auteur, je crois peu à la précipitation. Il est vrai qu’il y a des moments où l’esprit est libre, lucide, plus ouvert et où on a même du mal à mettre la bride sur le cou de sa plume ou de son clavier, mais ils sont rares et courts. « Traduire, c'est exécuter une danse pieds et poings liés ». écrit si bien l’écrivain hongrois Dezsö Kosztolányi.

Ecrit par ImpasseSud, le Dimanche 5 Décembre 2004, 15:50 dans la rubrique "Bribes perso".

Commentaires et Mises à jour :

Jenny
06-12-04 à 13:54

Et pourtant, malgré le temps qu'elle requiert, la traduction est bien mal payée . D'où la mauvaise qualité de nombreuses traductions. Cela doit être très frustrant pour un traducteur de devoir choisir entre faire une bonne traduction et gagner sa vie convenablement !

Une erreur de traduction qui m'a fait bien rire récemment :
"elle remonta la courroie de son petit haut" au lieu de bretelle ("strap" a effectivement les deux sens en anglais, mais dans ce contexte, courroie est vraiment incongru !)

Es-tu toi-même traductrice ? J'ai obtenu une maîtrise de traduction (anglais vers français)"journalistique" (quel mot horrible)il y a plus de 10 ans, mais n'ai jamais pratiqué professionnellement (à l'exception d'un article de catalogue d'exposition).

Autre petite question : où habites-tu ? En Italie ?

 
ImpasseSud
06-12-04 à 15:00

Re:

Oui, j'habite en Italie, depuis un certain nombre d'années déjà, et c'est la raison pour laquelle, bien que ce ne soit pas ma profession de base et que je n'aie aucun diplôme italien spécifique, de temps en temps, on me propose de faire des traductions sur commission, dans le sens français-italien ou parfois même anglais-italien et dans les domaines les plus divers, comme des dépliants ou des traductions partielles pour les étudiants universitaires. La dernière en date était pour un médecin légiste, et le travail a été plutôt ardu :-)!...  Et c'est vrai que dès qu'on annonce son tarif les mines s'allongent aussitôt et que certains désistent.

L'exemple que tu proposes me fait penser aux traductions des logiciels. Il se peut que certains traducteurs, pour gagner du temps, partent de là, laissant ensuite échapper des incongruités de ce genre au cour de leur paufinage. 
N'empêche qu'une mauvaise traduction peut détruire un livre, ou, tout du moins, nuire terriblement au style de son auteur. Par exemple, ici, je n'ai pas pu m'empêcher de signaler la qualité détestable de la traduction. De toute façon, je crois qu'il y a pas mal de piston et de favoritisme dans ce genre de profession, et encore plus chez les éditeurs où il est pratiquement impossible de faire son trou. Et puis il y a le domaine des essais qui ne passent pas d'un pays à l'autre. Pas facile comme profession! Donc beaucoup doivent se rabattre sur les "modes d'emploi" ou les "notices d'entretien".... :(

Mais toi, si j'ai bien compris, tu donnes des cours. Des cours d'anglais?


 
Jenny
06-12-04 à 15:20

Re: Re:

Oui, je donne des cours d'anglais à des adultes en entreprise (groupes de 2-3 en général). Mais "mes formations initiales" sont en traduction, histoire de l'art et muséologie.

Pou la troisième année consécutive, je prends des cours d'italien (le lundi soir, une fois par semaine), "pour le plaisir". J'ai étudié l'espagnol au lycée, ce qui complique un peu mon apprentissage : j'utilise des mots espagnols en italien et je ne sais plus parler correctement l'espagnol !

Malgré les apparences, l'italien est loin d'être une langue facile, et la grammaire est complexe...

Habites-tu dans le Nord ou le Suc ? Est-ce que tu utilises le preterito ?

 
ImpasseSud
06-12-04 à 16:32

Re: Re: Re:

Comme le dit mon pseudo, j'habite au sud.

"Preterito" ? Ne s'agirait-il pas d'un petit peu d'espagnol? :-) En italien, ce mot indique une notion de passé et non pas le temps d'un verbe. Les temps des verbes sont les mêmes qu'en français, mais c'est leur usage qui diffère... tout comme la construction des phrases. Pour ma part, c'était ma deuxième langue au lycée, donc j'avais déjà de bonnes bases grammaticales quand je suis arrivée ici, et ça m'a bien aidée.


 
Jenny
06-12-04 à 16:37

Re: Re: Re: Re:

Je voulais dire "passé simple". Notre prof ne veut pas nous l'enseigner car on ne le pratique pas dans le Nord, d'où elle est originaire. Mais on le trouve dans les textes littéraires...

 
ImpasseSud
06-12-04 à 17:42

Re: Re: Re: Re: Re:

Il est vrai qu'au sud les gens utilisent encore le passé simple, mais le passé composé commence lui aussi à prendre pied. En ce qui me concerne et de par mon origine j'ai toujours été du côté du passé composé :-))), mais je ne comprends pas pourquoi ta prof ne veut pas l'enseigner, car il n'en reste pas moins qu'il a une utilité bien précise et que dans ces cas-là on l'utilise au Nord comme au sud. Serait-elle leghista? :( 

Si cela te dit, dans mes liens il y a cinq blogs italiens (Istitiva mente, Malemele, Mariemarion, Terrexpietro et Verba manent qui est traducteur de profession) qui t'ouvriront la porte de la blogosphère italienne, assez différente de la française, dans le sens que la moyenne d'âge des participants y est plus élevée que celle des auteurs des blogs français, qu'on y lit un italien parfaitement correct et sans fautes d'orthographe (personne ne te les pardonnerait !), et que le sens de l'humour y est très diffus.