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Perec Georges, « La vie mode d’emploi » (1978)
--> Prix Médicis 1978

« L'œuvre retrace la vie d'un immeuble situé au numéro 11 de la rue (imaginaire) Simon-Crubellier, dans le 17e arrondissement de Paris, entre 1875 et 1975. Elle évoque ses habitants, les objets qui y reposent et les histoires qui directement ou indirectement l'ont animé…. » (lire la suite ici). Un livre de 99 chapitres, hors de l’ordinaire, curieux, original, surprenant, parfois burlesque, ironique mais jamais méchant, avec une foison de « romanS » où défilent, lentement ou seulement à travers quelques lignes, près de 2.000 personnages, aussi variés que peut l’être la vie, faite de caractères et aspects différents, d’incidents anodins comme de violence, d’absence de rationalité, mais aussi d’espaces à la couleur uniforme comme dans les 500 marines-puzzles que prépare puis détruit Percival Bartlebooth.

 

Grand livre d’une richesse incroyable, d’une extrême minutie dans les détails, ludique dans sa sévère construction algorithmique chère aux Oulipiens, bondé de références vraies ou imaginaires comme de descriptions méticuleuses, recettes, figures, formules, listes en tous genres, avec son vocabulaire si copieux, si précis, si exact qu’on se surprend en train de retrouver au fond de son propre cerveau où ils étaient enfouis depuis longtemps des mots trop souvent inutilisés en ces temps du « faire vite » et de l' « à peu près ». Un véritable régal pour les amants de la langue française, et encore plus pour une expatriée comme moi, qui n’a pas très souvent l’occasion de parler, d’entendre ou même de lire un français élaboré (le vocabulaire de la presse est d’une telle pauvreté !). Une mine, un eldorado, un plaisir qu’il faut savourer à petite dose, et même s’offrir plusieurs fois pour essayer d’en saisir le plus possible. Et pourtant….

 

… contrairement à Catherine David du Nouvel Observateur qui dit (4ème de couverture) être ressortie de cette lecture légère « comme une montgolfière », moi j’avoue que j’ai poussé un soupir de soulagement en arrivant à la fin, car je n’en pouvais plus, oppressée par la sensation d'épuisement qu’on éprouve parfois face à ces gens qu’on ne peut pas rencontrer sans qu’ils vous racontent tout de tout le monde, avec tous les tenants et les aboutissants les plus détaillés. Il n’en reste pas moins que je comprends tout à fait qu’on ait voulu récompenser par un prix cette œuvre très audacieuse dans son originalité, hors de pair par sa construction et ses excès.

 

Chaque livre qu’on lit ayant cependant ses exigences réceptives, il se peut que je ne l’aie pas lu au bon moment. En ce qui me concerne, je vais donc le ranger sur son étagère pour le laisser reposer, en attendant l'envie - sait-on jamais -, de le ressortir. Mais vous qui passez par ici, n'hésitez pas à le lire... ne serait-ce que pour jouir du vocabulaire.

 

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Ecrit par ImpasseSud, le Mercredi 5 Septembre 2007, 10:26 dans la rubrique "J'ai lu".