Ramallah – Les jeunes Iraniennes, Syriennes et Jordaniennes pleurent. Elles, elles ne peuvent pas entrer en Palestine, dernière étape de Follow the Women, le cortège de 250 femmes qui traverse le Proche-Orient à bicyclette pour manifester en faveur de la paix [voir le parcours, le programme, NdT]. Elles ne le peuvent pas parce qu’entrer en Palestine signifie passer la frontière d’Israël qui n’accepte aucun ressortissant d’Iran, de Syrie et de Jordanie. De leur côté, ces trois Etats nient les visas d’entrée aux Israéliens.
Amman – La première journée en Jordanie de Follow the Women, la manifestation en faveur de la paix de 250 femmes à bicyclette au Moyen-Orient [voir le parcours, le programme, NdT], commence mal. Du Liban voisin arrivent les nouvelles d’un pays dans le chaos, à la veille de la guerre civile (1). L’aéroport est fermé, la frontière avec
Damas – A la frontière entre
Damas – Rabia, un voile et un long survêtement rose. Elle est née dans le camp de réfugiés d'Al Hussaineh, mais sa famille vient d’Haïfa. Quand elle voit venir une cycliste palestinienne, elle lui prend les mains, lui demande des nouvelles de sa ville, elle veut savoir. Mais la cycliste ne peut pas l’aider, parce qu’à Haïfa, elle n’y est jamais allée. Alors les femmes pleurent toutes les deux, en silence, et elles s’embrassent.
Dans nos esprits embrumés, assoupis, voire endormis par une information routinière et partisane qui ne rapporte qu'une suite de faits violents, qui pourrait imaginer qu’au Proche-Orient, ces jours-ci, du 3 au 15 mai 2008, a lieu la quatrième édition de la « Follow the women » (Suivez les femmes), sorte de course cycliste féminine pour la paix ? Une belle histoire que la journaliste Cecilia Gentile est en train de suivre pour
« Que sont les globe-trotteurs devenus ? » se demande Bertand Le Gendre dans son bel et judicieux article paru le 19 janvier sur Le Monde. La réponse, je la connais aussi bien que lui, et tout comme lui, je suis consciente du vent de replis et d’anti-curiosité qui souffle en ce moment, non seulement à travers l’encouragement à une psychose sécuritaire et par conséquent à une plus grande docilité, non seulement à travers les paquets touristiques d’une tristesse à pleurer, mais sans doute pour un ensemble d’autres raisons à large spectre sur lesquelles je n’ai aucune intention de m’arrêter aujourd’hui. Pour quelqu’un comme moi qui a eu la chance de jouir des voyages précaires, des rencontres non programmées, des difficultés imprévues qui tirent le meilleur de l’homme, cependant, c’est la raison qui fait que je suis toujours attirée par le récit d'un voyage hors des sentiers battus. Celui qui suit ne quitte par l’Union européenne et, hélas, n’a rien de bien gai. Accompli en train du 21 novembre au 1er décembre dernier par le journaliste italien Fabrizio Gatti qui s’est glissé dans la peau d’un immigré roumain laveur de vitre, il est l’emblème de la grande confusion qui règne aujourd'hui.
« Bonjour, ma tante ». Comme chaque matin Lu me salue en sortant très tôt de la maison. Je suis toujours réveillée quand elle passe, soit en train d’écrire soit en train de corriger des épreuves. Elle, elle fonce à l’université. Son frère Xiao vient juste de rentrer de son service nocturne, le jour, il étudie lui aussi, mais pour l’instant il est portier de nuit dans un grand hôtel et il y a une semaine, il servait aux tables du Kentucky Fried Chicken. Ici, dans la grande maison où j’ai essayé de réunir ce qui reste de ma famille éparpillée dans toute
« Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, l’endroit dont je vais vous raconter l’histoire n’existait que sur les cartes d’état-major. Pendant plus de trente ans, c’est ce qui, en plus, lui a donné un certain air de clandestinité, c’est-à-dire une certaine classe, et je me suis demandé si j’avais raison de parler d’un lieu où moi-même et mes bandes, selon les moments explosées, implosées, mortes, re-nées, changées, avons vécu avec cette saveur complice qui caractérise le partage d’un même secret. Si ! Parce que là, au cœur de l’ancienne république partisane, entourés et cachés par les bois, nous avons toujours su qu’il y avait, fait uniquement de pierres différentes les unes des autres, et pour ce motif beau et inégalable, notre chalet, notre maison, ce qui, justement, a été notre refuge depuis toujours.
« Sientese ! » ordonna le policier à la femme assise devant la petite table boiteuse qui servait de bureau dans le quartel [caserne, NdT] de la vieille ville. Le gérant du Country Club avait déposé une plainte contre la jeune femme pour actes subversifs. Pâle et vêtu sans recherche, l’homme commença à l’interroger tout en tirant sur son gros cigare éteint, puis, en s’adressant à un collègue en train de fixer une vieille machine à écrire, il commença à dicter :
La Sardaigne de 1971 n'était certainement pas celle d'aujourd'hui. Je n'ai jamais eu le plaisir de la visiter, mais tous ceux que je connais et qui y sont allés à cette époque m'ont toujours parlé d'une terre étrange dont ils étaient revenus presque déconcertés, désorientés. Le sympathique récit qui suit, au final plein d'humour, tend à le confirmer.

