En Israël, c’est la fête d’Hanoucca, la fête des Lumières, et tandis que Daniela Yaari, professeur de lycée, profite de cette semaine de vacances pour aller retrouver, en Tanzanie, son beau-frère Yirmiyahu (Jérémie) resté en Afrique comme comptable à la suite d’une expédition paléontologique après la mort de son fils Eyal et de sa femme Shuli (la sœur de Daniela), Amotz, son mari, reste à Tel Aviv et s’occupe des membres plutôt turbulents de la famille Yaari. Avec ce roman, Abraham Yehoshua nous entraîne dans un duo entre mari et femme, couple entre deux âges encore amoureux et harmonieux, narrateurs en alternance d’affaires de famille qui se déroulent en l’espace d’une semaine entre Israël et l’Afrique.
Pour introduire ce livre d'Ella Maillart, je ne pourrais vraiment rien écrire de mieux que ne l’a fait un autre grand voyageur, Nicolas Bouvier, dans sa préface dont je propose un extrait ci-dessous ; car tout comme lui, je suis persuadée « qu’on a souvent plus de profit à lire les voyageurs qui écrivent que les écrivains qui voyagent. » Ce récit d'un périple de huit mois qu'on peut suivre sur une carte de l'époque, je l’ai acheté il y a près d'un an, avant que n’éclate l’actuelle révolte au Tibet. Un concours de circonstances, cependant, qui m’a aidée à mieux comprendre la question. Ici, nous sommes en 1935, la
En ce
Période de vacances pour certains, période de cadeaux pour le monde occidental. Alors pourquoi ne pas offrir un livre ? Ce livre qui gomme sans autre une partie des idées reçues à propos de l’Inde ? Une sorte de clip vidéo à plusieurs voix au sein d’une Bombay frénétique. A travers le regard des différents personnages décrits avec des traits sûrs, Altaf Tyrewala dépeint une humanité variée aux prises avec le quotidien, qui se confronte avec la tradition, les dérives du progrès, la pauvreté, l’imposition ou l’absence de valeurs, les affrontements religieux et les doutes existentiels.
Les Indiens d’Amérique, ces hommes que les Espagnols ont trouvé en y débarquant après la découverte de Christophe Colomb, sont-ils nos semblables, libres et égaux, ou des êtres inférieurs qu'il faut soumettre et convertir ? Voilà la question que la chrétienté se pose en 1550 et autour de laquelle vont débattre, dans le couvent de Valladolid en Espagne, un légat envoyé par le pape afin d'en décider une fois pour toute, le fameux philosophe Ginès de Sepulveda qui défend la seconde hypothèse et désire ardemment que son livre « Democrates alter, sive de justis belli causis » (Des justes causes de la guerre) déjà publié en Italie, puisse l'être en Espagne, et Bartholomé de Las Casas, dominicain et évêque avec une longue expérience du Nouveau Monde qui affirme que les Indiens sont nos semblables à tous les effets et qu’on n'a pas le droit de les traiter en esclaves. Controverse d'autant plus importante qu'on était en plein schisme luthérien, et que l’Espagne venait juste de chasser les musulmans de son territoire. Ayant beaucoup aimé le film Mission, ce que j'imaginais comme un approfondissement de la question promettait d’être passionnant, et encore plus par les temps qui courent. Mais ...
Quand on commence ce premier roman psychologique d'Italo Svevo, grand auteur italien qu'on aime parfois comparer à Proust, on va jusqu’au bout bien qu'on ait constamment envie de l’abandonner à cause de la lenteur de l'action, qu’on ait souvent la tentation de sauter des paragraphes. On comprend vite qu’il ne faut pas s’y hasarder car cela vous oblige à un retour en arrière, à la recherche de "la" phrase qui éclaire la suite, autrement nébuleuse, voire incompréhensible, tant l'instrospection de notre héros est ample, profonde, tortueuse. Que j’en dise deux mots….
Des soldats en guerre on sait surtout deux choses : ce que nous en racontent les médias qui désormais n’en savent rien ou presque, et la polémique à propos de leur présence là ou ailleurs, justifiée pour certains mais injuste pour d’autres, l’une et l’autre chose extrêmement déprimantes et lassantes, d’autant plus quand on est conscients que de toute façon on cherche à éviter la vérité. Mais voilà finalement un point de vue de l’intérieur, finalement autre chose que de la propagande, finalement autre chose que les films de répertoire en boucles ou l’avalanche d’informations-scoop non apurées, finalement le point de vue sérieux et tranchant d’un soldat avec tous les ingrédients qui façonnent la participation à une guerre, même si on continue à tricher en voulant la considérer comme une « mission de paix » : la violence, le sang, l’incompréhension, l’amitié, la peur, la haine, la bêtise, le temps inutilement perdu et… une foule de questions : « Afghanistan, mai-septembre 2003. Quatre mois de vie, l’expérience d’un médecin-soldat qui n’a pas encore trente ans, parti à la suite de son régiment de parachutistes avec son sac à dos et tant d’espoir au sein d’une infinité de doutes : serai-je à la hauteur ? Cela en vaudra-t-il la peine ? Mais surtout : ma trousse de médecin est-elle compatible avec le fusil que je porte sur l’épaule ? » écrit l'auteur, Edoardo Crainz, (lieutenant-chirugien réserviste, issu d'une famille de militaires), dans la présentation de son livre dans L’espresso en 2006. Moi qui n’aime ni les militaires ni les armes et qui suis persuadée que toutes les guerres fomentent les motivations des suivantes, j’ai cependant trouvé ce livre très intéressant.
Ce Journal d’un extrême intérêt n’est en réalité qu’une sélection. « Ce n’est probablement pas, dans sa totalité, celui qu’aurait retenu l’abbé », écrit Marcel Billot dans un avertissement initial. « Plus qu’il ne l’aurait sans doute fait, nous nous sommes attachés à mettre en relief sa personnalité – particulièrement le jeune prêtre dont la justesse de vue, aujourd’hui avérée, porte témoignage sur l’Eglise de France à la fin du XIXe siècle. (…) Et si nous avons fait la part belle à ses rencontres, à ses amitiés littéraires, c’est qu’elles ont été la passion de sa vie et que par lui nous entendons « en direct » ce que disaient Huysmans, Barrès, Proust, Valéry, Cocteau et tant d’autres… et ce qu’on disait d’eux ». Soixante ans de témoignage, de 1879 jusqu’à ce que la cécité ne l’interrompe, en 1939, avec
« L'œuvre retrace la vie d'un immeuble situé au numéro 11 de la rue (imaginaire) Simon-Crubellier, dans le 17e arrondissement de Paris, entre 1875 et 1975. Elle évoque ses habitants, les objets qui y reposent et les histoires qui directement ou indirectement l'ont animé…. » (lire la suite ici). Un livre de 99 chapitres, hors de l’ordinaire, curieux, original, surprenant, parfois burlesque, ironique mais jamais méchant, avec une foison de « romanS » où défilent, lentement ou seulement à travers quelques lignes, près de 2.000 personnages, aussi variés que peut l’être la vie, faite de caractères et aspects différents, d’incidents anodins comme de violence, d’absence de rationalité, mais aussi d’espaces à la couleur uniforme comme dans les 500 marines-puzzles que prépare puis détruit Percival Bartlebooth.
Dans une pension de

