Dans le jardin d’un appartement, un enfant gesticule et parle de façon étrange. Sa mère l’observe pendant quelques instants, puis elle finit par lui demander à qui il s'adresse : « A l’école, » répond l’enfant, « la maîtresse de religion nous a dit que Dieu est avec nous toute la journée, qu’il ne nous laisse jamais seul. Moi, je lui dis de s’en aller ». Il s’agit de Leonardo et de sa mère, Irene. Au même moment, son père, Ernesto (un très bon Sergio Castellitto), peintre affirmé et illustrateur de livres pour enfants, reçoit dans son studio la visite inattendue du secrétaire du Cardinal Piomini qui l’informe du procès de béatification de sa mère, en cours depuis trois au Vatican sur requête de toute sa famille et à son insu, et qu’on a besoin de son témoignage, parce qu’Ettore, celui de ses frères qui l'a assassinée et à qui leur mère a pardonné son geste avant de mourir s’est renfermé dans un profond mutisme dont il refuse de sortir.
De retour à la maison, sa femme, dont il est en train de se séparer, lui parle de Leonardo. Il regrette tout à coup de l'avoir inscrit à l'heure de religion (1). Très attaché à l'enfant qui lui demande si le paradis existe, il lui déclare que lui, il ne croit pas en Dieu.
Dans un film, la participation des acteurs de grand talent dont on a aimé les rôles est comme une carte de visite qui vous prédispose favorablement. En effet, quand j’ai su que ce film allait passer à la télé, je me suis tout de suite dit qu'il ne fallait que je le rate, car Emma Thompson (que j’aime particulièrement) et Dustin Hoffman (qui n’a plus rien à démontrer) m’allaient déjà droit au cœur. Eh bien…. Que dire ? Que dire ? Tout d’abord deux mots sur la trame.
Le chaos calme dont parle ce film, c’est celui dans lequel se sent immergé Pietro Paladini (Nanni Moretti), manager de haut niveau, depuis la mort de sa femme Lara. Celle-ci est morte un jour d’été, alors qu’au bord de la mer avec son frère, il était justement en train de sauver une inconnue sur le point de se noyer. Resté seul avec Claudia, sa fillette de 10 ans, c’est lui qui l’accompagne à l’école le jour de la rentrée, et sans doute pour se faire pardonner de ne pas avoir été là au moment de la mort de Lara, il lui promet de l’attendre jusqu’à la sortie. C’est ce qu’il fait et continue à faire tous les jours, s’installant en quelque sorte sur le banc du petit square ombragé qui fait face à l’école, ou se réfugiant dans sa voiture si nécessaire. S’agit-il du besoin de faire une pause, de l’attente de la douleur qui tarde à venir ? Le fait est qu’il semble satisfait de son état. Un jour après l’autre, il observe le monde qui l’entoure, y établit même plusieurs relations d’une discrète sympathie, tandis qu’il reçoit les visites continuelles de parents, collègues, chefs, amis qui viennent pour le consoler, mais qui, face au chaos calme qui semble l’habiter, finissent par lui raconter leurs problèmes, par le prendre comme confident.
Dans la bibliothèque de l’Université de Bologne, il s’est produit quelque chose d’incroyable : des livres anciens, jetés au sol, ont été cloués à coups de marteau. La responsabilité de ce délit retombe rapidement sur un jeune mais déjà prestigieux professeur de philosophie des religions (un magnifique Raz Degan), qui, en crise, a décidé de disparaître en faisant perdre ses traces. Après avoir abandonné sa voiture et tous les biens dont il disposait (à part une poignée d’Euros, sa carte de crédit et son ordinateur, se gardant bien d'utiliser les deux derniers), il s’est réfugié sur les rives du Pô, se liant d’une amitié sincère avec les habitants d'un village tout proche qui l’aident à reconstruire la cabane en ruine qu’il a adopté comme toit et qu’il aidera ensuite contre la machine infernale du soi-disant progrès. Sa sérénité récupérée, il se retrouvera cependant face aux conséquences de son acte.
Non seulement j'arrive sans doute après tout le monde, mais ce n'est que par hasard que j'ai vu ce film car je n’étais pas devant le téléviseur : le samedi après-midi à
Dans un monde capitaliste que rien n’arrête, pas même la sonnette d’alarme d'une crise économique mondiale ou le risque de diffusion des maladies, je suis de moins en moins sensible (quand je n’y suis pas carrément allergique) à la journée de…, la journée de…, ou la journée de…, ce nouveau calendrier des temps modernes où les journées de… ont remplacé les saints d’autrefois, en plus hypocrite. Si bien que ce 5 juin, journée mondiale de l’environnement passée presque inaperçue en Italie, à la télé je n’ai pas regardé « Home » (qui n’est passé qu’à
Face à l’insécurité croissante de notre société occidentale, en Italie il n’est pas rare qu’une personne âgée vous déclare encore que sous le Fascisme on pouvait dormir « les portes ouvertes ». C’est plus ou moins le sujet de ce film que j’ai revu avec grand intérêt hier soir : s’il n’y a rien de mal à vouloir vivre en toute sécurité, c’est-à-dire les portes ouvertes, sûrs que personne ne viendra bouleverser notre tranquillité, que se passe-t-il quand, on nom de cette même sécurité, on consent à l’élimination de tout et tous ceux qui représentent une menace pour l'« ordre » ? D’autant plus que quand on en arrive là, les seules portes de la vie qui restent ouvertes ce sont celles des « amitiés » et de la folie de l’arbitraire. Un triple assassinat, c’est par là que commence Portes ouvertes de Gianni Amelio, histoire tirée d’un fait divers réel raconté par Leonardo Sciascia en 1937 dans un bref récit.
Quand, sous son titre italien de « A prova di spia », ici on a annoncé que ce film avait été choisi pour l’ouverture du Festival de Venise 2008, je me suis promise que je le verrais, les gaffes et les superficialités d’une CIA globalement omniprésente ne pouvant qu’être hilarantes. Puis je l’ai oublié. Quand hier on me l’a proposé, mais sous son titre original cette fois, en me rappelant le désir que j’avais formulé, j'ai soulevé des doutes mais j’ai pensé que puisqu’il était là, autant le voir.

Tout le monde ou presque a déjà entendu parler d’Albert Einstein, tout le monde ou presque est capable d’énoncer, même sans la comprendre, la formule de sa théorie sur la relativité, tout le monde ou presque a vu, une fois ou l’autre, le fameux poster où il tire la langue, et c'est souvent avec un soupir fataliste qu'on reprend cette jolie phrase dont il est l'auteur : « Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue. » Mais le reste ? Et bien, le metteur en scène italien Liliana Cavani nous le raconte dans son film "Einstein" (1) que j’ai vu hier soir.




