Par goût, j’aime les grandes étendues, presque vierges, libres de constructions, où le vent peut s’en donner à cœur joie, caressant le visage de l’homme, mais l’obligeant aussi à se courber ou à se protéger de la morsure du froid qu’il accentue.
Imaginez un peu ! Un pays de steppe froid et semi-aride vivant de l’agriculture mais surtout de l’élevage nomade, qui jusqu’à la fin des années 80 (au moment de l’écroulement du système soviétique) produisait assez de nourriture pour être autosuffisant, mais qui, aujourd’hui, importe 80 % de ses besoins en nourriture de
Il n’est pas courant d’avoir des nouvelles de ce pays du coeur de l’Asie, hors des circuits habituels de l’information mondiale. Mais cette fois-ci, c’est la « Caravane Populaire 2004 pour la Souveraineté Alimentaire », qui nous en donne. Partie le 31 août de la Malaisie , elle traversera 13 pays d’Asie et se terminera fin septembre au Népal. Et bien, le convoi qui est passé par la Mongolie le 5 septembre nous renvoie une image catastrophique.
A la fin des années 80, il y avait 53 exploitations agricoles d’Etat, 255 coopératives d’Etat et 20 unités de production de foin. L
Imaginez un peu la recette-miracle du FMI (Fond Monétaire International) qui se résume au mot « privatisation », appliquée à la steppe et à l’élevage nomade ! Le réseau de ramassage et de distribution des produits de l’élevage a été démantelé, le bétail des exploitations collectives (bovins, moutons, chèvres, yaks, chèvres cachemire et chameaux) a été redistribué. Le mot d’ordre « mettez-vous à votre compte » a tout d’abord séduit beaucoup de monde. Le nombre des éleveurs a augmenté, mais la difficulté des transports rend l’élevage dans les steppes les plus éloignées peu rentable, et très coûteux l’apport des marchandises nécessaires ainsi que de tous les services publiques essentiels. Si bien que la grande partie des éleveurs s’est concentrée dans la région de la capitale, Oulan-bator, sur des terrains vite érodés par l’excès de pâturage. On a bien redistribué le bétail, mais pas les terres, qui sont restées propriété publique jusqu’en 2002, quand le gouvernement a approuvé une loi pour privatiser la terre, y compris les prairies où les pasteurs nomades font paître leurs troupeaux depuis toujours. D’après les chiffres recueillis par la « Caravane », sur un peu plus de 76.500 familles d’anciens ouvriers agricoles d’Etat, 31 seulement ont obtenu
A ceci, il faut ajouter que les méfaits du « libre commerce global ». En 1997,
Il se peut que la « liberté de marché » ait favorisé une partie de la population urbaine, disent les collaborateurs de
(Sources : Il Manifesto)
P. S. Ces photos sont maginfiques.
Mot-clef : Asie