L’éventail n’était pas bien grand : des pigeons mais pas beaucoup ; les mouettes sur la mer, posées en files sur l’eau, en vol ou en plongée ; des hirondelles fidèles à leurs nids (il y a au moins cinq ou six nids sous l’avant-toit de mon immeuble) arrivées au printemps comme chaque année ; et les nombreux moineaux, désordonnés, bruyants, effrontés même, ceux dont les petits en excès tombaient parfois du nid, et qui, du lieu qu’ils avaient élu comme leur domaine, me charmaient chaque matin au petit déjeuner… après avoir parfois laissé, à l’aube, quelques cadeaux sur ma rambarde. Et bien, à part les mouettes qui continuent à lancer leurs sifflements toujours un peu inquiétants, tout ce petit monde-là a disparu, depuis plus d’un mois maintenant.
Du côté des pigeons, rien d’inquiétant, en général ils sont plutôt envahissants et certainement pas en voie de disparition.
Les hirondelles, elles (pouvaient-elles être déjà parties début août ?), ont sans doute été s'installer ailleurs vu que certains copropriétaires ont détruit plusieurs nids, las de l'abondance de leurs excréments, et que la démoustication du début de l’été (hélas tout à fait nécessaire) les a privées de nourriture. Moi qui avais l’habitude de suivre leur vol pour faire mes prévisions du temps…. Mais pas une guêpe, pas une abeille, pas un bourdon, pas un frelon, pas de moucherons cette année, et pas le moindre papillon. Les mouches commencent seulement à réapparaître... pour nous embêter.
Quant aux moineaux, ils ont également déserté le grand frêne qui est à quelques mètres de mon balcon, mais aussi celui qui, un peu plus loin, à l’aube et à la tombée du jour, servait de rendez-vous à toute une nuée assourdissante. Ont-ils, eux aussi, plus de peine à se nourrir ? Ou est-ce parce qu’on a refait au goudron la vieille terrasse de l’immeuble voisin ? Sont-ils partis définitivement ? Reviendront-ils à l’automne ?
Plus le moindre gazouillis, roucoulement ou chant d'oiseaux à l’état libre dans mon quartier proche de la mer. L’air semble vide tout à coup. Et avec les grandes chaleurs de ces jours-ci, - coup de queue incandescent de fin d’été -, et le ciel blanc au soleil opaque, l'atmoshpère a quelque chose de spectral, d'immobile. Seuls et souvent solitaires, il ne reste que les ramages des quelques oiseaux en cages au milieu de la rumeur de fond de la société de consommation...
Mise à jour du 18.09.2008 : Les hirondelles sont revenues, lire le 4ème commentaire.
Mise à jour du 24.09.2008 : tout est rentré dans l'ordre. Après les hirondelles, les pigeons sont revenus et les moineaux ont timidement retrouvé le chemin de "mon" frêne. L'un d'eux a même recommencé à chanter sur une barre de fer du toit de l'immeuble d'en face. Quelqu'un aurait-il une explication ?
Mots-clefs : Planète Terre, Méditerranée, Société, Italie, Europe
Commentaires et Mises à jour :
Si on part de l'hypothèse que les oiseaux fuient Berlusconi, on peut dire qu'ils fuient également Sarkozy car c'est le même constat à Paris, moins ou plus de chant d'oiseaux et moins de variété d'oiseaux sur les toits de Paris.
Des départements entiers voient leurs nombres d'hirondelles rustiques et de fenêtre disparaître.
J'imagine qu'il y a plusieurs facteurs cause de leurs disparitions mais je trouve que le phénomène s'accelère.
On ne peut jamais dire s'il y en a plus ou moins, faute de les compter et faute de comprendre les dates de leurs migrations mais là, c'est assez brutal!
Re:
Gilda,
C'est vrai qu'ici, à chaque fois qu'il fait anormalement trop chaud et que les animaux ont un comportement excessiviment agité, tout le monde pense à l'imminence d'un tremblement de terre. Cette année, en décembre, on s'apprête à commémorer(!?) le centenaire du tremblement de terre de 1908. Il a vraiment été terrible. Heureusement que les constructions sont antisismiques, et d'après les dates, il semble qu'un tremblement de terre de cette violence (d'une magnitude supérieure à 7) ne se représente que tous les 120-125 ans. Aurait-on encore 25 ans de bon ?
Quant à Berlusconi et Sarkozy, ces deux-là sont sans aucun doute source d'une énorme pollution mentale, et il arrive en effet qu'on se demande si les animaux (qui, eux, ne se croient pas "évolués") ne sont pas plus intelligents que les hommes.
Sarah,
Samedi (après avoir posté ce billet), sur la petite plage qui se trouve à 5 mn de chez moi, j'ai quand même vu passer un frelon et deux magnifiques papillons, un blanc et un orange et marron. Tout près de là, et à quelques mètres de la mer, il y a quelques terrains en friche où il pousse une petite vigne sauvage. A en croire l'état des grains de raisin, des oiseaux étaient certainement passés par là.
Les hirondelles sont revenues !
une explication concrète bien inquiétante
Les effets économiques bien sûr et une fois de plus ! Moi, j'ai l'impression que ça va bien au-delà, comme si on détruisait les fondations de la nature, comme si on la rongeait de l'intérieur, comme les vrillettes dans le bois.
Changement d'habitude et tabagisme
.... dans un cendrier plein au fond d'une corbeille à papier oubliée sur un balcon : Who says smoking is bad for the environment?! 
via eco/blog.it


Peut-être ont-ils la fibre politicienne et fuient-ils Berlusconi ?