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Recevoir un préservatif par la poste.

Il ne s’agit pas d’une farce de goût douteux, c’est ce qui vient d’arriver à près de 15.000 Canadiens. L’expéditeur : « Planned Parenthood », une association qui encourage le contrôle des naissances et une vie sexuelle saine. Chaque envoi était accompagné par ce petit mot : « Il est difficile d’acheter un préservatif quand ton oncle est le propriétaire de la seule pharmacie de la ville ! »

 

Mais l’idée n’a pas plu à tout le monde, par exemple aux intégristes de l’organisation Campaign Life Corporation qui sont contre l’avortement et ont trouvé l’envoi de mauvais goût.

(Sources Il Nuovo)

 

En ce qui me concerne, je trouve l’idée originale. Cela a au moins le mérite d’attirer l’attention du destinataire. Combien de jeunes, aujourd’hui encore, oublient d’utiliser un préservatif, ou se sentent gênés quand ils doivent en acheter une boîte.  J’en veux pour preuve l’augmentation, en été,  de la vente - jusqu’à 3 fois plus - de la pilule du lendemain et les 10.000 grossesses non désirées par an chez les adolescentes suivies de 6.400 IVG (voir Libération du 26 août 2003,  « La pilule du lendemain, une urgence chronique »). Ces chiffres démontrent, en plus, que le facteur contagion est complètement ignoré, ou tout du moins, sous-estimé.

 

Qu’on soit contraire à l’avortement et qu’on veuille encourager les à garder leur enfant, qu’on soit pour les rapports sexuels avec un seul partenaire et uniquement dans le cadre du mariage, qu’on ait à coeur d’aider les futures mères en difficulté, est parfaitement légitime. Il s’agit d’une question personnelle, d’un choix, d’une conviction ou de foi. Mais pourquoi ce désir de dictat ? Une telle attitude donne moins de crédibilité à la conviction personnelle et laisse pointer un désir caché de soif de pouvoir sur les autres.

 

Pour ma part, le monde étant ce qu’il est, dans toutes ses variétés, je trouve criminel qu’on puisse être contre la contraception et les rapports protégés. A part les grossesses qui peuvent être non désirées, que fait-on du et de toutes les maladies transmissibles sexuellement ? Comment en est-on arrivé à 40 millions de séropositifs ? Comment faut-il se comporter face à la propagation endémique en Afrique, en Asie (voir mon article), en Amérique latine, en Russie, et même à la transmission, plus faible, dans nos pays occidentaux? Une distribution massive des préservatifs n’aurait-elle pas quelques probabilités de freiner ce fléau ?

 

Etre pour le libre arbitre ne signifie pas qu’on encourage la dissolution et le vice, et avoir un préservatif à portée de main ne signifie rien d’autre que la prise de conscience de son propre corps et de ses fonctions. Etre contre la contraception et contre les rapports protégés dérive d’une soif de pouvoir malsaine et non dite sur la sphère sexuelle, et sur les femmes en particulier, ainsi que d’un profond mépris du genre humain. Et ça, c’est grave, sans aucun doute !

 

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Ecrit par ImpasseSud, le Dimanche 31 Août 2003, 09:35 dans la rubrique "Actualité".