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A Florence Aubenas et Giuliana Sgrena

A l'Olympia, 14 février 2005

On l’a bien vu,

La terreur n’engendre que la terreur

Et la cécité une autre cécité.

L’Iraq, pays envahi, occupé, démembré,

S’est transformé

En un tragique asile de fous condamné à l’obscurité.

Y aura-t-il une ultime étincelle de sagesse et d’humanité,

Qui brillera dans la nuit, comme la flamme d’une allumette dans une main,

Qui illuminera le visage de Giuliana, celui de Florence,

Leur disant : « Vous n’êtes pas seules » ;

Leur disant : « Ce cauchemar finira » ;

Et les suppliant : « Ne flanchez pas ! » ?

 

(Traduction arrangée d’un poème sans titre d’Eduardo Galeano publié sur Il Manifesto)

 

Giuliana Sgrena : enlevée à Bagdad le 4 février 2005.

Journaliste italienne reporter pour le quotidien Il Manifesto depuis 1988 et depuis 2 ans également pour l'hebdomadaire allemand Die Zeit.

Experte du monde arabe et grand reporter dans la Corne d’Afrique, au Moyen-Orient et dans le Mahgreb, couvrant les guerres en Afghanistan et en Iraq.

Au début des années 80 elle travaille pour la revue Pace e Guerra et est cofondatrice du mouvement pour la paix.

 

Florence Aubenas : enlevée à Bagdad le 5 janvier 2005

(avec son interprète Hussein Hanoun Al Saadi).

Journaliste française travaillant pour Libération depuis 1986. Grand reporter, elle a couvert les évènements au Rwanda, au Kosovo, en Algérie, en Afghanistan et en Iraq.

 

« N’allez pas en Iraq » disent nos gouvernants aux journalistes. Mais à nos gouvernements peu importe qu’il n’y ait personne pour nous raconter la vérité ! Au contraire, ils peuvent nous la cacher et ils ont les mains plus libres (voir ci-dessous, l'article écrit par Giuliana suite à l'enlèvement de Florence).


Moi, je suis fière de ces deux journalistes, je suis fière de ces deux femmes. Espérons qu'on les libèrera bien vite, ou bien faudra-t-il  que ce soit encore une fois les meilleurs qui continuent à payer pour les salauds ?

 

Mise à jour du 1er mars 2005 : Pour la suite des évènements, les vidéos et les appels à l'aide des deux journalistes, voir ici : Journalistes... sans revolver ni gilet pare-balles

 

Mise à jour du 05 mars 2005 : voir ici : Giuliana Sgrena est libre! QU'ON SE MOBILISE pour aider Florence Aubenas !!!

 

Mise à jour du 12 juin 2005 : Après 157 jours de captivité Florence et Hussein sont Libres depuis hier !

 

Mots-Clefs : , ,

"Florence et les autres

« N’allez pas en Iraq », a dit Chirac aux journalistes français. Gianfranco Fini, depuis Rome, lui a immédiatement fait écho. Les diverses ambassades, sous la pression des USA, avaient déjà intimé à leurs journalistes présents à Bagdad au début des bombardements, le 20 mars 2003, d’abandonner le terrain. Toutefois, l’intimation n’a eu aucun succès, et la guerre a été représentée, bien ou mal, aussi bien par ceux qui devaient subir le contrôle du ministère de l’information iraquien que par ceux, les  « embedded » qui étaient censurés par le Pentagone.  Suite à l’ultérieure détérioration de la situation iraquienne, il est devenu encore plus difficile faire de l’information. Les journalistes sont les otages de tous les effets pervers provoqués par l’occupation militaire et par la privatisation de la guerre. L’hostilité des Iraquiens envers l’occupation s’est amplifiée jusqu’au point d’impliquer tous les étrangers : contractors, journalistes et travailleurs humanitaires. Malgré la position de la France envers la guerre et l’occupation, être Français ne suffit plus pour être traité différemment.  Du reste, quand on fait passer une intervention militaire pour « une mission de paix » (comme l’a fait le gouvernement italien), on ne peut pas prétendre que de l’autre côté on se mette à faire des distinctions subtiles. Et, malheureusement, dans cette spirale perverse, Enzo Baldoni l’a payé de sa vie.

 Maintenant l’armée italienne a elle aussi ses cours pour aspirants « embendded ». Encore pire : à la Chambre des députés est arrivée la révision du code pénale militaire (déjà approuvée par le Sénat), qui prévoit, même en « période de paix », l’application de la loi martiale au civil, y compris les journalistes, pour « recueil illicite, publication et diffusion d’informations militaires ». Naturellement, en référence immédiate avec la « mission de paix » à Nassiriya.

 L’information s’est donc militarisée. Parfois, comme cela s’est produit à Falloudja, il est impossible de suivre ce qui se passe sans faire partie de la suite d’une armée. Mais il en sort exlusivement un point de vue militaire, même si parfois des images choquantes leurs échappent, comme celle du marine qui tire sur une blessé désarmé à l’intérieur de la mosquée de Falloudja.

 Il est dangereux de se rebeller à ces règles, mais c’est un risque qu’il faut courir pour faire de l’information, pour faire connaître une réalité qui, autrement, finirait seulement dans les bulletins de guerre ou dans les pamphlets de la propagande… Toujours de guerre.

 Florence Aubenas a toujours couru les risques d’informer. Au Rwanda, au Kosovo, en Algérie, en Afghanistan et en Iraq. C’est pour cela que nous, nous sommes de tout cœur avec elle."
Signé Giuliana Sgrena, 14.01.05

(Traduction ImpasseSud)

 

Ecrit par ImpasseSud, le Lundi 7 Février 2005, 12:58 dans la rubrique "Les hommes de bonne volonté".

Commentaires et Mises à jour :

ImpasseSud
08-02-05 à 09:57

Carnaval à Bagdad....

"Malgré les bombes et les atentats qui continuent avec toujours plus de violence, les soldats américain de la 256ème brigade n'ont pas renoncé aux rites du Carnaval. Une parade des troupes (en provenance de la Louisiane) a eu lieu dimanche matin à l'intérieur de Camp Liberty, à Bagdad. A la fin du défilé, Une repas traditionnel a été offert à tous les participants, à base de poulet, de haricots rouges et de riz. Inutile de dire que les bons marines n'ont pas osé s'aventurer à l'extérieur de la base pour porter leru joyeuse manifestation dans les rues de Bagdad." 
(Sources : Il Manifesto)

La pudeur continue à ne pas les étouffer. Quant au respect des gens qu'ils sont en train de «libérer» , il vaut mieux ne pas en parler. Qu'ils fêtent Noël ou le Thanksgiving Day, rien de plus normal puisqu'il s'agit de leurs fêtes religieuses, mais le Carnaval... Ensuite, ne nous demandons pas pourquoi...


 
PierreDesiles
10-02-05 à 14:58

Re: Carnaval à Bagdad....

Hégémonie, quand tu nous tiens !

Il y en a pour qui, le monde doit être à leur image et non l'inverse !

C'est comme une marée étoilée à l'échelle mondiale, un tsunami permanent en quelque sorte, dont tout le monde connait la source et craint la déferlante. Après l'Afganistan, l'Irak; demain l'Iran ou la Corée du nord?

Le tapis étoilé se déroule doucement, mais sûrement, car il n'y a plus de contre-poids. La Russie inexistente, l'Europe qui n'arrive pas à décoller, malgré les nouveaux Etats; l'Asie et la Chine, peut-être demain, car la croissance va bon train. Au fait, a t-elle droit à la bombe nucléaire et qui pourra l'en empêcher?

Ce mini-carnaval n'a évidemment pas lieu d'être en Irak, qui plus est par ces occupants. L'Irak un pays qui a conservé ses traditions, et sûrement pas un carnaval et encore moins Halloween après les humiliations des prisonniers! Plus rien ne va sur cette Terre et jusqu'où ira la connerie humaine?

Comme toi, ImpasseSud, j'ai une pensée pour Florence Aubenas et Giuliana Sgrena, dont on ne sait même pas s'ils sont otages, et je souhaite qu'ils soient vivants.

Bien ton article, ImpasseSud.


 
ImpasseSud
11-02-05 à 07:22

Re: Re: Carnaval à Bagdad....

Merci ! :-) Hègémonie? Je dirais qu'il s'agit plus simplement d'un manque de respect, d'une absence totale d'humanité, de mauvais goût etc... Est-il nécessaire d'être un génie ou un saint pour comprendre qu'il est blessant de fêter le carnaval où il y a des tas de morts, étant.... en plus, l'instrument de cette mort?

 
ImpasseSud
04-03-05 à 19:01

GIULIANA SGRENA A ETE LIBEREE....

Espérons que ce soit bien vite le tour de Florence Aubenas!