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Italie 2010 : aujourd’hui comme hier, un horizon tout noir.

CONFIANCE - CENSURETous ceux qui suivent la politique italienne étaient au courant de l’importance de ce 14 décembre, date à laquelle, après des mois de crise au sein de son propre parti, le Popolo della Libertàla motion de « censure » contre Berlusconi devait être approuvée ou rejetée par le Parlement. Après des semaines les plus ignobles qui soient, au vitriol médiatique le plus vil et le plus dévastateur, aux chantages et aux pressions de toutes sortes, où on a même été jusqu’à spéculer sur la date d’accouchement de trois députées enceintes proches du terme, le « caïman » s’en est sorti une fois de plus, grâce à deux députéEs dissidentes qui ont tourné leur veste au dernier moment. Va savoir sous quelle soudaine impulsion ! Mais à quoi fallait-il s’attendre dans une étrange démocratie où les parlementaires ne sont plus élus par le peuple, mais nommés par les partis, donc contraints à obéir pour garder la place qui leur donne accès aux privilèges ? A quoi fallait-il s’attendre dans un pays où la corruption sous toutes ses formes est une pratique ancrée à tous les niveaux, ce qui fait que chaque vote, chaque adhésion a son prix ?

 

De toute façon, le petit homme n'a pas de quoi crier victoire. Ce qui signifie qu'il va continuer à magouiller, afin de pouvoir rester en selle pour s'occuper de ses affaires personnelles, cela va de soi, tout en continuant à précipiter l'Etat vers le pire, cela va de soi.

De toute façon, il est clair que Gianfranco Fini, son adversaire d’aujourd’hui mais l’allié de ses lois ad personam pendant 15 ans, manque de crédibilité.

De toute façon, il est une fois de plus évident qu’actuellement il n’existe encore aucune alternative politique assez sérieuse et assez compacte pour le battre, mais que les maîtres chanteurs et les opportunistes se portent bien.

De toute façon, les parlementaires sont déjà repartis pour un nouveau tour d'intrigues, d'alliances et de mésalliances, à propos de la motion de censure contre le Ministre des biens culturels, suite aux écroulements à Pompei.
De toute façon, la classe politique de ce pays a complètement perdu de vue les nécessités et les problèmes des citoyens, et, plus que confortablement en place depuis des décennies, en fait, elle n'a pas vraiment envie du moindre changement. Peu importe si Rome s'embrase, car il est désormais habituel d'en étouffer les bruits en la blindant systématiquement.

De toute façon, même si on finit par en arriver aux élections anticipées, rien n’est gagné d’avance, car même si Berlusconi les perdait, « La société italienne », écrivait le Frankfurter Rundschau d’hier, « est complètement contaminée par son monde télévisuel glamour des riches et des beaux. Le pays est devenu une télécratie, dans laquelle les jeunes filles rêvent d'une carrière de starlette qui évoluerait en succès politique ; dans laquelle une mère apprend dans une émission en direct que sa fille de 15 ans, qui a disparu, a vraisemblablement été assassinée par un parent proche ; tandis que la nation regarde, le souffle coupé. C'est l'œuvre de Silvio Berlusconi, et elle survivra à son mandat."


De toute façon,
pas la moindre éclaircie à l'horizon ! Et va savoir pour combien de temps!


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Ecrit par ImpasseSud, le Mercredi 15 Décembre 2010, 21:59 dans la rubrique "Actualité".

Commentaires et Mises à jour :

ImpasseSud
17-12-10 à 14:58

Le point de vue du Financial Times et de la presse internationale

"Même si le gouvernement est désormais dans le pétrin, ses opposants n'ont pas de quoi se réjouir. Leur incapacité à profiter de cette gabegie ne fait que souligner leur propre désarroi. Mais le grand perdant, comme ce fut souvent le cas durant les mandats tragicomiques de Berlusconi, c'est l'Italie. Les violences qui ont émaillé le vote de mardi ont été les pires depuis les années 1970. Mais la paralysie politique que ce vote prolonge a un effet tout aussi dévastateur. La septième économie mondiale a besoin de réformes. Un jeune sur quatre est au chômage ; … la dette publique atteint 1.800 milliards d'euros. Berlusconi a montré de manière certaine qu'il était incapable de relever ces défis. La tragédie de l'Italie, c'est que jusqu'à présent nul n'a été en mesure de prendre sa place." (16.12.2010)
(Financial Times via euro│topics)

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