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La question par excellence
--> ... à propos du droit de savoir

Sur France 3, il y a quelques jours, il y a eu un sérieux débat au sujet du rôle qu'aurait joué la télévision dans l'extension des violences en cours…. Elle aurait paraît-il attisé l’incendie! Une critique « responsable » ? Allons donc ! Je n’arrête pas d’y penser, de retourner cette question dans ma tête. Mais alors, quelle valeur peut bien avoir une information s'il y a des cas où il vaut mieux ne pas informer ? Evidemment, ce genre de discussion est toujours ambigu, naissant le plus souvent sur de la mauvaise foi, toujours mise sur pied par la partie qui craint d'y perdre quelque chose et dans le but de camoufler un désir de censure. Alors à quoi bon s'engager dans une telle subjectivité ? La bonne question ne serait-elle pas plutôt :

 

Quel est le rôle des journalistes ? Fournir une suite de scoops (Iraq, tsunami, élection du pape, Katrina, Falludja), jouer à la guerre d’influence (campagne pour le referendum du 29 mai), diffuser la panique (SRAS, grippe aviaire, révolte des banlieues) ? Ou bien consiste-t-il à présenter, de la façon la plus impartiale possible - tout le monde sait que l’objectivité n’existe pas -, un éventail de nouvelles vaste et complet, par ordre d’importance bien entendu mais sans excès ou silences corrupteurs ? Au vu du « pli » que l’information a prise depuis un certain temps, on aurait presque tendance à choisir la première réponse. Et pourtant, à mon avis, « la question par excellence », pour reprendre l’expression de M. Dhombres, se trouve ailleurs.

 

On ne peut nier qu’il y a beaucoup plus de journalistes qu’avant. Cette profession est à la mode, et on se bouscule littéralement aux portillons des chaînes de télévision ou des principaux quotidiens ou périodiques, et de plus en plus pour un salaire de l’ordre du SMIC, dans un climat de précarité réelle ou qui vous pend au nez et vous fait trembler du matin au soir. Il y a bien une recrudescence des journalistes free-lance, mais eux aussi, loin d’être aussi « free » qu’on pourrait le croire, sont condamnés aux scoops, à jouer du piston, à faire antichambre ou à mourir de faim. Tout ceci n’est un secret pour personne. Alors, cette question, me direz-vous ?


Et bien pour moi, la question par excellence est : Quand on choisit une profession dont le rôle est d’informer, pourquoi accepte-t-on de ne pas informer ?


La semaine dernière, l’ensemble des journalistes de la presse et des JT italiens (publics et privés) a fait deux jours de grève pour s’opposer à un contrat-type proposé par les éditeurs, qui prévoit l’extension de la précarité. A l’heure où l’information est dans les mains du capital, où la plus grande partie des gouvernements a adopté le néolibéralisme, il est évident qu’un emploi précaire conditionne l’information bien au-delà des limites acceptables pour être en mesure de conserver les critères d’honnêteté nécessaires à cette profession, même si on ne se situe pas à l’opposition.

 

Alors pourquoi les journalistes ne s'associent-ils pas plus souvent en coopératives ? On n’y a pas de patrons, le salaire est le même pour tout le monde et pas inférieur au SMIC, on y a même l’opportunité de devenir directeur, par roulement, pendant un ou deux ans, et…. on peut finalement faire de l’information, sans aucune censure. Pour Il Manifesto, il en est ainsi depuis de nombreuses années, avec un tirage de 40.000 exemplaires, on-line depuis 1995. Bien sûr il a sa propre couleur, mais qui empêche tous ceux qui portent des regards semblables ou voisins sur une situation d'ensemble d’en faire autant ?


L'état d'urgence doit sans aucun doute inciter à un plus grand discernement dans l'usage des mots, dans la diffusion des photos et vidéos, mais omettre, tronquer des informations dans un pays en tumulte, adopter une ligne complaisante envers le pouvoir, moi j’appelle cela du servilisme, de la complicité... pas du journalisme, en tous cas ! Mais l'ensemble des journalistes en est-il encore conscient ?

 

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Ecrit par ImpasseSud, le Lundi 14 Novembre 2005, 15:20 dans la rubrique "Actualité".

Commentaires et Mises à jour :

ImpasseSud
15-11-05 à 08:15

P.S.

Bien que, pour introduire mon billet, il m'ait été nécessaire de mettre un lien vers l'article du Monde, bien que M. Dhombres se soit bien gardé de faire allusion aux requêtes du gouvernement à l'origine de cette discussion, j'aurais cependant aimé n'en citer que la première partie, le sarcasme final à propos de ce qu'il nous présente comme les échos sur "les chaînes internationales" étant l'indice d'un esprit vaniteux, mesquin et dirigé. Contrairement à ce que pourrait inciter à croire ce choix plus que restrictif et un rien revanchard, de nombreuses chaînes internationales, dans la sphère occidentale en particulier, ont immédiatement mis sur pied des émissions d'information et des discussions où on a examiné les évènements français avec beaucoup de sérieux, avec inquiétude, abordant même les questions de fond, chacune par rapport à son propre pays. Mais, dans un certain sens, pour ceux qui voudront s'en rendre compte, la fin de cet article illustre parfaitement la perte de rigueur qui touche la plupart des journalistes, même ceux des quotidiens les plus importants, tendance qui m'afflige terriblement et qui a fait naître ce billet. 

 
PierreDesiles
15-11-05 à 10:32

""Quand on choisit une profession dont le rôle est d’informer, pourquoi accepte-t-on de ne pas informer ?""

Tu as raison et la mienne serait un peu différente:

""Quand on choisit ce métier, pourquoi accepte-t-on de ne faire des scoops que sur la misère du monde?""

On voit ce que présentent nos JT de 20h, qui sont une véritable lucarne à vous ternir le quotidien!. On ne devrait pas oublier qu'il y a de nombreux jeunes devant la télé et peut-être aussi autour d'un repas familial. Ils aimeraient aussi entendre des choses positives de développement, de créations, de loisirs, de sports, de voyages, en somme de réussites! pour leurs donner envie d'apprendre à l'école et d'échapper à la morosité collective, largement véhiculée par les médias, souvent fiers d'avoir présenté le dernier scoop d'horreur avant son concurrent!

Ne pourrait-on pas citer tous ces problèmes de société en fin de JT et les développer au dernier journal du soir et par la presse écrite? et pour les moments de crises, il y a assez d'émissions spécialisées pour ça.

(Je sais c'est encore une de mes utopies...)


 
ImpasseSud
15-11-05 à 14:38

Re:

Tu as raison Pierre.  Il m'arrive de couper toutes les informations, pendant un ou deux jours, quelles que soient les provenances ou les formes, parce qu'on n'y parle que de ce qui ne va pas, et le plus souvent de façon tendencieuse. Il est évident qu'un tas de choses vont mal, mais on finit par se demander si quelque chose marche encore. Rester positif dans ces conditions devient très difficile et il m'arrive de plus en plus souvent de laisser en rade des billets de protestation "contre" quelque chose pour ne pas verser dans le même travers.

Moi, ce que j'aimerais retrouver dans la presse, c'est un peu de rigueur. Pierre, tu connais plus ou moins mes idées. Et bien, avant qu'il ne meurt à 90 ans, durant les émeutes à Gênes, j'ai été une grande admiratrice d'un très grand journaliste italien, Indro Montanelli, d'origine fasciste, mais dont la rigueur et l'honneteté faisait que tu pouvais croire à ce qu'il rapportait. Le reste n'était plus qu'une affaire d'opinion. Des journalistes de cette trempe, il n'y en a presque plus. La France a également eu les siens qui eux aussi ont disparu. Etait-ce l'indice d'une époque ?


 
PierreDesiles
15-11-05 à 19:13

Re: Re:

Je suis aussi de gauche et je partage ton point de vue sur l'état de la presse, ImpasseSud. Avant on disait:  "presse" manipulée, presse sous contrôle, presse de l'Etat etc...mais la liberté de la presse n'a pas crée les conditions à une forme de presse objective et dépourvue d'arrières pensées financières malheureusement. Qui a inventé ce fameux audimat pour concurrencer les chaînes entre-elles?

Trop d'infos tue l'info! Dans les années 50 et 60, les infos étaient diffusées à l'entracte dans les salles de cinéma, car très peu de gens avaient la télé. On y voyait surtout des grandes réalisations telles que lancement d'un paquebot, un nouvel avion, des nouvelles de l'industrie croissante, des concerts de chanteurs(ses) etc, et s'il y avait des images sur des problèmes de société, tout était soigneusement dosé pour informer et ne pas heurté le spectateur venu se détendre devant un film. Reste à lui ensuite d'acheter son journal pour y trouver les détails qui l'intéresse. Les temps changent et c'est normal, la télé chez soi est un confort indiscutable, mais Il est dommage que maintenant, le JT soit  comme un fourre-tout où la violence est banalisée, au détriment du reste des infos qui font souvent une apparition furtive.

Ex: On nous a bassiné avec la grippe aviaire pour quelques cas isolés, à l'étranger, alors que chez nous à la Réunion, on ne compte plus les cas de piqûres de moustiques porteur du virus Chikungunia (4500 cas) lien et personne n'en parle! pourtant on est un département français! Que fait la presse??

PS: Chikungunya : Première intervention de l’armée, hier, au Port


 
coldbear
15-11-05 à 21:54

Les journalistes sont logés à la même enseigne que tous les autres salariés : ils font ce qu'on leur dit ou ils vont voir ailleurs. Les imaginer en coopérative est bien mal les connaitre : je ne connais rien de plus individualiste qu'un journaliste ! Et j'en connais quelque uns, à commencer par ma femme !
Mais nous sommes les plus coupables : nous choisissons nos chaînes, nos journaux. C'est nous qui selestionnons les journaux qui marchent et ceux qui ne marchent pas. Et les rédactions sont à nos petits soins pour nous montrer ce que nous voulons voir.

 
ImpasseSud
16-11-05 à 08:46

Re: Re: Re:

Pierre, que les temps changent, c'est tout à fait normal et inévitable, mais faut-il absolument qu'ils changent en pire ? Il y a des tas de domaines où la rigueur et la précision sont indispensables, sous peine de produire quelque chose qui ne marche pas, par conséquent inutile ou, encore pire, qui devient la cause de dégâts ou de pertes. A quel niveau a-t-on rabaissé l'esprit humain, si on encourage à y déverser n'importe quoi ?

Pour ma part, je pense qu'il serait temps de remettre à leur vraie place deux critères de base :
- l'audimat, fortement dirigé par la privatisation. Personnellement cela ne m'arrive pas souvent car je préfère lire un bon bouquin ou visionner quelque chose d'enregistré, plutôt que de choisir, en désespoir de cause, ce qu'il y a de moins mauvais ce soir-là (car il y a des soirs où TOUT est mauvais). Mais tout le monde ne le fait pas, il y a souvent des critères de fatigue qui annullent ton pouvoir de décision.
- Les "arrière-pensées financières" comme tu les appelles : aujourd'hui, il ne s'agit plus d'arrière-pensées, mais de pensées promordiales, ce qui fait qu'on diffuse les mêmes idioties sur toutes les chaînes européennes ou encore plus loin. Il ne fait aucun doute que cela coûte moins cher que de faire produire et de financer quelque chose de neuf (sans parler une fois de plus de la réduction du nombre des emplois qui s'en suit).
En ce qui concerne la presse, je crois que les problèmes financiers ont toujours existé : pouquoi nous les présente-t-on aujourd'hui comme une nouveauté ou sous forme de chantage pour couvrir les réductions de personnel d'un voile de "contrainte désolée". On aurait presque envie d'aller faire une quête pour que les pauvres actionnaires puissent joindre les deux bouts !

PS Idem pour les moustiques. Il y a quelques années, chez moi, zone relativement sèche même si nous sommes au bord de la mer, il n'y en avait pas ou presque pas. Les larves des quelques imprudents qui osaient s'y risquer mouraient l'hiver suivant. Mes enfants ont grandi sans moustiquaires. Depuis deux ou trois ans, nous sommes envahis par des moustiques minuscules dont je ne connais pas le nom scientifique mais qu'ici on surnomme "zanzara tigre" (moustique tigre), que tu sens à peine quand il te pique, mais qui si tu commences à te grater ou si tu n'as aucune pommade anti-histaminique sous la main génère des turgescences brûlantes de plus de 10 cm de diamètre, avec un prurit insupportable et qui mettent plus de quinze jours à disparaître. Les larves se réfugiant dans les immeubles pendant l'hiver, l'été suivant la situation est encore pire. Cet été, moi qui les craint, j'ai vécu avec les prises de courant à plaquette et les sprays qui empoisonnent tout le monde et avec les spays qu'on étend sur la peau et qui vous empoisonnent peut-être personnellement. L'été prochain devrai-je vivre sous un voile ? En attendant, sur le plan local, personne ne s'en occupe.
Pendant ce temps-là, toujours sur le plan local, on diffuse allègrement toutes les craintes relatives à la grippe aviaire, la vente des produits avicoles a diminué de 70 %, mettant à risques 150.000 emplois sur le plan national. Par contre les laboratoires pharmaceutiques augmentent leurs chiffres d'affaire avec la vente des vaccins.

Tout cela GRACE à la "qualité" de l'information !


 
ImpasseSud
16-11-05 à 09:18

Re:

Coldbear, cette fois-ci, j'ai bien du mal à suivre ton raisonnement.

Si les journalistes sont logés à la même enseigne, c'est avant tout parce qu'il y en a beaucoup trop et beaucoup plus que le nécessaire. Et, dans le cas présent, ceci n'est absolument pas dû à la crise de l'économie, mais tout simplement parce que, dans une société où tout le monde veut donner son avis même quand il n'en a aucun, ce métier est très à la mode.... Ce qui rejoint le critère d'individualisme que tu soulèves.

Nous? Les coupaples ? Ah! NON! Il ne manquerait plus que cela qu'on n'aient plus le droit de choisir ses chaînes et ses journaux !!!! En ce concerne les chaînes, comme je l'ai déjà écrit à Pierre, un audimat plus honnête et des arrière-pensées financières un peu moins pensées primordiales, fourniraient certainement un encouragement au journalisme "sérieux", même s'il est clair qu'il en faut pour tous les goûts, car tout le monde n'est pas taré. Parmi les téléspectateurs qui se contentent aujourd'hui de la médiocrité, il y en a une bonne part qui se divertirait peut-être face à une émission ou un talk-show intelligents, menés avec respect, sans recherche du scandale-qui-fait-monter-l'autimat à travers vulgarité, langage grossier, comportements violents et immoraux, étalage des pires instincts. Et ici, je ne suis pas en train de faire du moralisme, mais simplement de dire que l'être humain n'est pas capable que du pire, qu'il l'est aussi du meilleur.

Mon exemple de coopérative est tout à fait réel (il marche depuis plus de quarante ans), il est éclectique et il est honnête, même sous sa couleur politique.
Pour en revenir à l'essence de mon billet, je pense qu'aujourd'hui on a presque complètement perdu de vue le sens du mot "journalisme". Même le Larousse y a perdu son latin nous disant que les journalistes sont ceux qui font du journalisme et que le journalisme est la profession de ceux qui participent à la rédaction d'un journal parlé ou télévisé. Et l'information dans tout cela : envolée ?
Pour moi, un journaliste reste un "porteur de nouvelles" (Laissons les articles de fond aux éditorialistes dont c'est le rôle), qui, en l'absence d'éthique professionnelle, ne peut faire que du mauvais journalisme. Sans parler de tous ceux (grands et petits) qui, aujourd'hui, se servent de cette cette profession, uniquement comme tribune politique, quand ils ne la transforment pas directement en tremplin.

En tout cas, je suis toujours très contente quand tu viens donner ton avis par ici :-).


 
PierreDesiles
16-11-05 à 15:26

Merci pour ton explication ImpasseSud.

Juste une précision, au sujet des moustiques, qui font partis du paysage tropical. Mais ce moustique bien de chez nous, à La Réunion, a été contaminé par le virus Chikungunya et c'est pour cela que je t'en ai parlé(voir les liens précédents). Ici, c'est une véritable pandémie, car il ne cesse de progresser et, avec l'arrivée de l'été australe, ça va s'empirer. Quand je dis 4500 cas, c'est 4500 arrêts de travail pour plusieurs semaines et les symtômes perdurent jusq'à 6 mois. Des cas d'encéphalite ont été signalé lien . et si tu as un temps, lit ce témoignage de Alain Descorsier en souffrance de ce fléau.Les gens sont complètement abattu et souffrent de douleurs paralysantes, empèchant toute reprise du travail. Tu vois que l'info des médias n'est pas du tout d'informer mais de faire de l'audience. 

ex: Il y a un mois, trois personnes sont revenues d'asie et ils avaient des symptômes ressemblant à la grippe aviaire. On a eut droit à tous les scoop sur toutes les chaînes nationales et internationales: Ca y est la grippe aviaire est à La Réunion! Info-intox! Et là cette fois-ci on était en France! Même les ministres ont fait des déclarations à la télé, pensant pouvoir justifier l'affolement général et surtout les millions de vaccins commandés à la hâte pour protéger les français. Les résultats revenus ensuite de l'Institut Pasteur se sont avérés négatifs et ont conclu à une simple grippe!! Dommage pour ceux qui espéraient enfin avoir la preuve! Ici, les personnes ont eu leurs noms dans les journaux locaux et ont été mis en quarantaine à tord!!! Quelle honte! 

Ca c'est de l'info qui fait de l'audimat! Aujourd'hui, on nous oublit, jusqu'au jour où le transport aérien ramènera son lot de touristes contaminés du virus Chikungunya en France et là il sera trop tard!


 
ImpasseSud
16-11-05 à 16:09

Mais c'est vraiment grave !

Te rends-tu compte que j'étais au courant des trois cas suspects de grippe aviaire à la Réunion!!!

Je viens de lire tes liens. Mais c'est vraiment très grave. Comment se fait-il qu'on étouffe la chose ? On est vraiment gouvernés par des gens bien!!!!! Et on peut vraiment compter sur les médias!!!! Pourquoi n'en fais-tu pas un article sur The Sun ? Ici je mettrai un lien vers ton article. On ne sait jamais. Je souhaite que tu réussisses à te protéger efficacement ainsi que toute ta famille.

Si Reporters sans Frontières s'est mis à compter sur les blogs, c'est bien parce que bonne partie des médias ne fait plus correctement son boulot, même dans les pays soit disant libres. Dans son classement 2005, la France a été rétrocédée à la 30 ème place. L'Italie qui, l'année dernière, était tombée à la 53ème place est légèrement remontée à la 42ème, 2 places avant les USA. Il y a des jours où j'aimerais habiter dans un pays scandinave ou en Suisse. On y est incontestablement plus respectueux du citoyen lambda.


 
coldbear
18-11-05 à 07:38

Re: Re:

Je ne comprends pas vos propos. Si vous n'aimez pas certaines sources d'information, ne les écoutez pas. Il ne sert à rien de se poser en victime. Cela fait des années que je ne regarde plus le 20 heures que je considère être un tissu d'inépties. Je préfère Courrier International par exemple, qui ouvre les débats aux points de vue internationaux.
C'est la démocratie du lecteur / auditeur. Et nous avons les média que nous méritons. Quand un parisien préfère le gratuit "20 minutes" au Monde, il fait le choix de ne pas payer et de laisser son "vote" à la pub. Une presse indépendante est chère, et si pas assez de lecteur veulent payer, elle disparait.
Maintenant, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : le résultat est pour le moment très décevant, trouver une info fiable n'est pas facile, et je partage vos griefs. Mais c'est le choix des lecteurs...

 
Incognito
18-11-05 à 13:16

Syndrôme de Stockholm ?

Moi, c'est ton fatalisme que j'ai du mal à comprendre. Je ne te ferai pas dire ce que tu n'as pas dis, mais il me semble que tu épouses un peu trop facilement toutes les excuses qu'on invente pour justifier la "mauvaise" qualité de l'information. Serais-tu légèrement atteint par le syndrôme Stockholm? ;-) Ne paies-tu pas chaque année une taxe TV ? Te laisse-t-on le choix de ne pas la payer ? Et vu que tu la paies, de quel droit te sert-on un 20 heures de mauvaise qualité ? Le fait que Métro existe et que tu lises Le Courrier International (que je lis aussi), justifie-t-il la terrible baisse de qualité des grands quotidiens comme Le Monde ou Libération ? Et si tout le monde se mettait à "ne lire que" le Courrier International ?
Ne faut-il pas au contraire, essayer de voir les choses telles qu'elles sont réellement, en disant qu'il vaut mieux lire Métro (qui fait vivre les journalistes en surplus) plutôt que de ne lire aucun journal ou, encore pire, de devoir payer chaque jour 1,20 € pour avoir une information approximative, dirigée, aux affirmations non apurées, avec de grossiers partis pris, et qui plus est, (surtout en ce qui concerne Libération) dans un français "pop" et "rigolard" qui laisse terriblement à désirer ? Bien sûr, il y a également de très bons articles, mais faut-il passer son temps à faire le tri? Sans oublier qu'un journal joue également un rôle dans la diffusion de la connaissance. Un "grand quotidien" a le devoir de faire preuve de rigueur, autrement, il glisse vers le torchon.

Et puis "nous avons les médias que nous méritons"..... Quand en finira-t-on d'utiliser ce genre de phrase-toute-faite ?!?! Les médias ont vraiment fait un bon boulot ces dernières années!!!!! Un bon lavage de cerveau! Depuis quand faut-il "mériter" ses médias ? Quelle extravagance est-ce-là ? Ne serait-ce pas, au contraire, les médias qui devraient "mériter" notre écoute?  Nos parents ou grands-parents étaient-ils meilleurs que nous vu qu'ils en avaient de meilleurs ? Ou bien avaient-ils encore (malgré un niveau moyen d'instruction inférieur) le goût du travail bien fait (et ceci dans tous les domaines), le sens de la rigueur ? A quoi peut bien servir un niveau d'instruction supérieur s'il porte à l'acceptation de la médiocrité, à faire le mouton de Panurge ?

Moi, ce que je me demande, c'est combien de temps il faudra encore attendre pour que les gens reprennent conscience que chacun de nous est pourvu d'un cerveau qui lui est propre, et que grâce à lui il peut penser, en toute autonomie, sans qu'il ait besoin de quelqu'un pour penser à sa place. Il faudrait peut-être également récupérer deux vérités. La première, c'est que la vie est dure, pour tout le monde (même pour les riches car nous ne dépendons pas que d'un portefeuille). La deuxième, c'est qu'une "faute" ou une "erreur" sont une "faute" et une "erreur", qu'il faut réparer ou essayer de réparer. Excuser toutes les fautes et toutes les erreurs, ce n'est pas de la tolérance, mais de la pure démagogie qui tire la société vers le bas et profite aux malins et en général pas des plus honnêtes.
Je pense qu'il faut s'en convaincre, le dire et le répéter. Bien sûr, je ne me fais aucune illusion sur la portée mon billet, mais si une seule des personnes qui le lisent commence à se poser des questions à propos de "la rigueur", sur l'amélioration qu'une redécouverte de ce principe pourrait apporter dans nos vies, et bien... En tout cas, quand j'écris, c'est toujours dans ce but-là :-))) Suis-je trop optimiste dans mon pessimisme ? ;-)

ImpasseSud


 
PierreDesiles
18-11-05 à 15:57

""Je ne comprends pas vos propos. Si vous n'aimez pas certaines sources d'information, ne les écoutez pas. Il ne sert à rien de se poser en victime.""

Coldbear, ou tu lis entre les lignes ou tu ne lis rien du tout? Personne n'a dit qu'il était victime du 20h ! On peut très bien donner son avis sur un écran qui est maintenant dans presque tous les foyers et qui fait parti des meubles?! Evidement  qu'on peut zaper, mais cette télé a le devoir de nous informer objectivement, ce qu'elle ne fait pas, et les jeunes ne sont pas tous aptes à faire le tri!

On paie de base la redevence quand on possède une télé, et qui plus est, directement sur les impôts locaux depuis cette année, alors je ne veux pas faire parti des "cochons de payeurs" et dire " amen" sur tout ce qui est montré et dit, sur ce qui devrait être un service public! A quoi sert le CSA s'il n'est pas capable de donner la ligne de conduite à cette presse de proximité, sachant bien quel impact, chaque scène montrée, aura sur les différentes couches de la société! Pourquoi parle t-on des départements d'Outre-Mer d'une façon sélective. Sommes-nous d'une façon déguisée encore des colonies? Les 750 000 habitants de La Réunion sont-ils juste là pour faire basculer les élections nationales d'un côté ou de l'autre?. Quand je parlais de cette pandémie virale, c'était juste un exemple, mais j'en aurai beaucoup d'autres! On parle plus des morts en Irak, où nous n'avons engagé aucun militaire à faire la guerre, que de ce qui se passe dans la France et ses 100 départements!. Ici, on a France-inter en direct, RFI, RFO, de nombreuses autres radio privées et toutes les chaînes satellitaires, y compris Tf1 et l'assemblée nationale en direct. On vit loin de la France métropolitaine, mais moi qui suit un ancien parisien, arrivé ici depuis 32ans, j'ai franchement pas l'impression d'être déconnecté. Alors j'estime, que les médias devraient balayer un peu devant leurs portes avant d'aller voir ailleurs, pour y traquer le scoop de la dernière guerre ou catastrophe qu'on nous abreuve pendant des heures. On est pas affalé sur la plage les doigts de pieds en éventail, on vit aussi ici! (désolé c'est mon coup de gueule du moment, j'en veux seulement aux médias)


 
coldbear
18-11-05 à 17:12

Re: Syndrôme de Stockholm ?

Ce qu'il y a de bien ici, c'est que ça réagit.

La redevance est une escroquerie, c'est certain. Mais cela ne change pas mon point de vue : le 20 heures est celui que la majorité des gens souhaitent voir. Il y en a au moins trois ou quatre de disponibles, avec celui d'arte que je considère être un peu plus interessant. En choississant sa chaîne le téléspectateur influe sur l'audimat, et les rédactions tendent à imiter celui qui a le plus de succès. Ainsi ils s'alignent tous sur les pratiques du meilleur... à l'audimat !  C'est aussi simple que ça !
En fait, le 20 heures, c'est du spectacle. L'info est secondaire.
Et les journalistes ? Ils sont selectionnés par les rédactions...
C'est vraiment pas que je les aime ces journalistes, c'est juste qu'ils n'y sont pas pour grand chose. Pour qu'une info passe, il faut qu'elle soit accompagnée d'une image et d'une émotion. Sinon elle est rejetée. Etre journaliste intègre ne nourrit pas.
Il y a une émission qui sort du lot : "C dans l'air" de Yves Calvi. Elle est diffusée à une heure de faible écoute (6 à 7 heures), mais j'essaye de la voir le plus souvent possible. Mais en dehors de Calvi qui joue neutre, les autres sont des politiques, experts, témoins, et quelques chroniqueurs aussi. Le seul interet est qu'ils sont bien choisis et que le débat est très bien mené.
En écrivant, je m'aperçois que je ne crois plus les journalistes. Ils sont des intermédiaires génants entre la réalité et moi. Je préfére les débats entre les personnes concernées.

 
PierreDesiles
18-11-05 à 17:54

""En fait, le 20 heures, c'est du spectacle. L'info est secondaire.""

Coldbear, si c'est ça le devoir du journaliste du 21siècle? alors fermons les Ecoles de Journalisme et prenons n'importe quel chômeur dans la rue pour ramener un scoop à deux balles, accompagné d'un torchon grifouillé, entre une bière et un hamburger, pourvue que ça pète de partout et surtout qu'il y ait de l'hémoglobine à gogo, ça met de la couleur à la télé!

Là, je ne te suis plus dans cette voie. Je ne peux croire qu'on en soit arrivé à juste faire de l'audimat, pour recevoir les pub dont tout le monde se fout, en présentant un canard qui n'a ni queue ni tête.! Perso, j'ose espéré qu'il y ait encore des gens sérieux en ce bas monde!

ImpasseSud, qui est bien informée, nous apportera sûrement des suppléments d'infos sur le journalisme.


 
Incognito
18-11-05 à 18:01

Lien croisé

Soleil des îles - Grippe aviaire à la Réunion? NON ! --- Virus du Chikungunya ? : " Bravo Pierre ! Je vais tout de suite mettre un lien dans mon article sur les médias. Et demain j'écrirai un petit billet. Espérons que cela serve à quelque chose :-). "