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Tremblement de terre à L’Aquila (22) : un an après, le bilan.

L'Aquila mars 2010Chaque fois que je pense à L’Aquila, - et j’y pense souvent -, j’ai le cœur serré. J’ai l’impression d’assister à la plus grande scélératesse italienne de ce début de siècle. Comment est-il possible qu’à un an du séisme du 6 avril 2009 la REconstruction n'ait pas encore commencé, qu’il n’y ait aucune reprise économique, que les Aquilani soient contraints à provoquer les autorités et à réveiller la population avec leurs brouettes dominicales ? Et, le comble, qu’une partie des médias, de l’opinion publique et même l’archevêque de L’Aquila en tête accusent les sinistrés résistants d’être l’objet de manipulations opportunistes ?! Mais quel mal font-ils donc ces hommes, ces femmes et ces enfants qui, casque en tête pour un grand nombre et sans couleur politique, viennent joyeusement forcer les barrières qui emprisonnent leur ville mourante chaque dimanche matin, avec leurs brouettes, leurs pelles, leurs seaux qu’ils se passeront à la chaîne pour nettoyer une place, puis une autre, pour éliminer les ordures, trier les gravats, récupérer les fragments des trésors enfouis par le séisme du 6 avril 2009 ? Qu’y a-t-il de subversif si, dispersés et tenus à l’écart depuis un an, bernés par de vagues promesses mais surtout par une absence de réponses, ils se dirigent ensuite vers la grande tente du « Presidio permanente » que les résistants ont monté Piazza Duomo, encore couverte de marchés multicolores il y a 13 mois, pour y poser leurs questions, proposer leurs idées, demander un conseil ou simplement discuter, cinq minutes, entre Aquilani, pendant que les enfants dessinent ? Et n’y a-t-il pas quelque chose d’extrêmement bienveillant dans le fait que tout cela finisse par des repas pris en commun, sous la tente ou sur l’herbe où on partage ce que chacun a apporté ? Où est passée la nation généreuse que je connaissais ? Une région mortellement blessée ne devrait-elle pas rester au centre de l'attention du pays tout entier ? Le vent douteux qui souffle sur l’Italie d’aujourd’hui aurait-il rendu les gens méchants ? Mais venons en au bilan que je diviserai en quatre parties : 1) situation du relogement, 2) la ville dans tous ses états, 3) le peuple des brouettes, 4) le point de vue de Renzo Piano, un des plus grands architectes au monde.

 

1) Situation du relogement :

Assistance : sur les 75.000 personnes et plus à reloger, au 26 mars 2010, à près d'un an du séisme, il y en avait encore 52.275 qui ont besoin de l’assistance de l’Etat. 14.642 auraient (1) été relogées, « en commodat », dans les 19 groupes de HLM-dortoirs du projet C.A.S.E., loin du centre, au milieu de nulle-part et dépourvus des infrastructures essentielles ; 1.837 sont les hôtes des MAP (maisonnettes en bois) construits grâce à des donations, dans les 18 fractions de L’Aquila ; 4.594 étaient encore dans les hôtels ou les résidences la côte adriatique, 780 dans des structures temporaires, 3.106 en location dans des appartements soit des circuits d’assistance soit des fonds immobiliers, tous aux frais de la Protection Civile, et 27.316 qui se débrouillent seules.

(Comme on peut le lire ici, au 27 avril, donc à près de 13 mois du séisme, le total des personnes encore assistées serait descendu à 48.545.)

A ces derniers, l’Etat verse, sur la base d’un grand nombre de critères, de 400, 500 ou 1.000 € par noyau familial et par mois, mais les verse bien souvent avec plusieurs mois de retard. Quant aux arriérés d’impôts et échéances de paiement en suspens, ils sont l’objet de protestations répétées, les reports initiaux prévus par le gouvernement s’étant très vite avérés trop courts face à une économie qui ne redémarre pas.
Après un immense gaspillage de 512.474.178 € pour un G8 qui n'a été d'aucun profit pour L'Aquila, du côté de la construction des HLM-dortoirs/C.A.S.E, on sait aujourd’hui que le gouvernement aurait utilisé 350 millions des 493.770 millions d’Euros versés comme contribution à la REconstruction par l’Union Européenne, plus les quelque 40 millions de la solidarité italienne. N’est-ce pas le cas de se demander pourquoi il a payé 2.428€/m2 (1) ces constructions antisismiques dont le prix est inférieur sur le marché, au lieu d’opter, dans cette région de montagne peu habitée, pour une généralisation des MAP à 5/600€/m2 qui aurait permis de reloger tout le monde ? (vidéo) Comment se fait-il que les commissaires de l’UE qui, le 13 avril, sont venus faire une inspection pour savoir comment on avait employé « leur argent » n’aient pas cherché à approfondir la question ?! D’autant plus que pour ces new-towns comme on les appelle en Italie, dispersées et isolées, dont bon nombre d'égouts finissent directement dans la nature parce que les dépurateurs, - quand ils ont été construits -, ne fonctionnent pas, on a complètement ignoré le problème des transports en commun et parfois même celui de la viabilité des routes, contraignant grands et petits à perdre un temps considérable en déplacements et dans les new-embouteillages.

Les réparations : en l’absence d’une unique organisation centralisée et efficiente qui s’occupe de tous les aspects de cette question (eau, égouts, gaz, électricité, financements des travaux), tous ces sinistrés, - pour la plupart propriétaires et copropriétaires (70% des Italiens sont propriétaires de leur appartement), commerçants et petits industriels dont les maisons, appartements, magasins, usines ont été déclarés « réparables » à différents niveaux (A, B et C) -, sont bloqués par une lenteur bureaucratique où on se renvoie la balle à tous les niveaux (1-2), avec l’interdiction de rentrer chez eux sans autorisation préalable. Ce qui, d’une part, entrave la plupart de ceux qui seraient prêts à se retrousser les manches et à se mettre au travail, et de l’autre met en difficulté un grand nombre de PME quand elle ne les porte pas à la faillite (vidéo). Bref, à un an du séisme, on attend encore le grand départ.

 

Quant aux 27.000 étudiants qui faisaient la fortune et la gaité de cette ville universitaire car 8.000 d'entre eux habitaient en plein centre, ils ne sont plus que 20.000 malgré l'abolition des taxes,  qui s’arrangent comme ils peuvent entre allers-retours exténuants et coûteux, facultés excentrées  avec de rares transports en commun, locaux trop étroits, énorme insuffisance des structures d’accueil, absence de resto-U et services annexes (vidéo en it. mais les chiffres écrits restent des chiffres !). Par contre, il semble qu'on ait trouvé les fonds nécessaires pour contruire la nouvelle « Casa dello Studente » (cité universitaire en remplacement de celle qui s'est écroulée comme un château de cartes), construite sur un terrain agricole exproprié au prix agricole, reconverti en terrain édifiable, financé par des fonds publics, mais attribuée à la Curie de l’évêché qui non seulement décidera qui y loger mais deviendra propriétaire du sol et de la construction dans 30 ans ! Une enquête est en cours.

 

En effet, dans tous ces travaux faits en urgence, il semble que l'Eglise catholique se taille la part du lion, une fois de plus : les églises et couvents en bois naissent ici et là. Si la réfection de ses monuments est effectivement à la charge de l'Etat, si le désir de retrouver un lieu de culte répond sans doute aux désirs d'une bonne partie de la population, si elle veut rouvrir le restaurant du coeur qui servait cinquante repas par jour, cela signifie-t-il pour autant qu'il soit normal qu'elle en profite pour usurper terrains et constructions publiques, alors que la Curie possède déjà ses propres terrains ?
Une note heureuse : il arrive qu'un séisme mette à nue des merveilles plâtrées pendant des siècles.

 

2) Un an après, L'Aquila en cage dans tous ses étayages (le nouveau business), mais encore dans tous ses mauvais états : il suffit de regarder 1-2-3-4-5-6. Dans la zone rouge, deux points de repère historiques ont réouvert leurs portes en décembre 2009 : le "Bar Nurzia", Piazza Duomo, célèbre pour ses nougats depuis plus d'un siècle et où aujourd'hui on évite de parler du séisme quand on va y boire un café, et la Cantina de "Ju Boss" près de la Forteresse espagnole, où depuis trois ou quatre générations on avait l'habitude de venir pour parler, jouer de la guitare ou chanter en choeur.


3)     Le peuple des brouettes : comme je l’ai déjà raconté ici et , il est né d’un groupe d’Aquilani exaspérés par l’indécision, voire l’immobilisme indifférent du gouvernement, de la région des Abruzzes, de la province de L’Aquila, de la municipalité, du pays tout entier, qui continuaient à ignorer les quelque 4 à 5 millions de m3 de gravats encore sur place onze mois après le séisme, et l’abandon d’une ville patrimoine de l’humanité mortellement blessée au milieu des rires des spéculateurs du bâtiment. Alors je repartirai d’où je m’étais arrêtée, c’est-à-dire des dimanches où les Aquilani prennent l’habitude de forcer les barrières, brouettes, seaux et pelles à la main pour aller nettoyer et trier.
Le 11 mars, le Conseil des ministres décide d’envoyer l’armée sur place et de prendre de vitesse le peuple des brouettes.
Le dimanche 14 mars
, le peuple des brouettes est au travail Piazza Palazzo, toujours plus nombreux. Travail, solidarité et bonne humeur vont bon train. Non loin de là, on cuisine à ciel ouvert et on prépare des tables. La surprise, c’est l’arrivée Mgr. D’Ercole, adjoint de l’archevêque de L’Aquila. Sans préambule, il demande une pelle et se met au travail…. De rares compliments, un bon nombre de sifflements et quelques « va-t-en ». Une manœuvre de récupération ? Pour le peuple des brouettes, il y a quelque chose de suspect dans cette arrivée inopinée vue que l’archevêque des lieux, philo gouvernemental et réactionnaire dans tous ses propos, a réussi à soutirer au gouvernement la nouvelle « Casa dello studente », et la construction provisoire d’une église et d’un couvent sur la Piazza d’Armi, la grande place publique de référence de tous les rassemblements de ce post-séisme, promise à une requalification comme espace vert sans béton. Mais Mgr. D’Ercole ne proteste pas, au contraire il assume son geste en faveur « des Aquilani abandonnés à eux-mêmes », dira-t-il à la presse.
Dans un jeu de chat et de souris, le jeudi 18 mars, le gouvernement envoie l’armée et les pompiers Piazza Palazzo, pour la déblayer… au Caterpillar sous les yeux du gouverneur de la région (berlusconien), sans que les quelques représentants du peuple des brouettes obtiennent un droit de regard sur ce qu’on évacue.
Le dimanche 21 mars, le gouverneur vient faire son apparition médiatique sur la place finalement vide. Mais, par des chemins détournés, le peuple des brouettes se dirige vers une nouvelle place, Piazza IX Martiri et son petit jardin, qu’il trouve non seulement pleine de gravats mais pleine d’ordures ordinaires. Toujours plus nombreux et plus décidés, les gens se mettent au travail, grands et petits dans l’enthousiasme. Dans les brouettes quelques pots de primevères ou de pensées qu’on replante immédiatement en ce magnifique jour de printemps (photos). Idem dans le parc qui entoure la Forteresse espagnole. Piazza Palazzo, où on se rend quand le gouverneur s’en est allé, a effectivement été déblayée, mais sans trier vu qu’il ne reste qu’un petit tas de matériel antique dans un coin. Piazza Duomo est noire de monde, et sous les grandes tentes, on fait la queue pour apporter « son » désir de participation, « sa » proposition originale. Le long de la promenade du centre, même ceux qui n’ont pas pelleté peuvent finalement reprendre possession de leur ville, voir de leurs yeux l’état d’abandon étayé dans lequel on la laisse s’effriter. Tout se termine par des pique-niques, dans un fort sentiment de solidarité, d’union, d’espoir, sur un désir accru de participation.
Dimanche 28 mars : après une semaine de
propagande mensongère du PDL (Popolo della Libertà de Berlusconi), à L'Aquila c'est le
jour des élections provinciales, et les choses se gâtent. Pour le gouvernement et par conséquent pour la Digos, les forces spéciales de la police, il semble que les brouettes et les pelles soient des « symboles électoraux ». Les premières qui leur tombent sous la main sont donc séquestrées et on dresse procès-verbal à leurs propriétaires. Apparemment, on n'a pas peur du ridicule ! Mais là aussi, le peuple des brouettes joue d’astuce et rejoint Piazza IX Martiri qu’ils avaient commencé à nettoyer le dimanche précédant. Pour l’anecdote, du côté du résultat des élections, si la présidence de la province (avec des villes qui n’ont pas été touchées par le séisme) est passée à droite, à L’Aquila-chef-lieu, c’est la présidente sortante (à l’opposition) qui l’a emporté à 58 %. Et pourtant sa gestion de l’après-séisme n’a pas été des meilleures. Mais après avoir subi pendant des mois le militarisme méprisant imposé par la Protection civile de Berlusconi, la majeure partie des Aquilani, de droite comme de gauche, était terrifiée à l’idée d’avoir, comme président, un autre émissaire de Berlusconi. Maintenant, vu qu’il a été élu, il va falloir qu’ils fassent avec. Espérons que...
Dimanche 4 avril, jour de Pâques : les choses se sont gâtées un peu plus. Les autorités en place n’aiment pas le peuple des brouettes. Après que le Préfet ait transformé les brouettes en instrument de campagne électorale, c’est l’archevêque qui est monté en lice. Ayant certainement eu peur qu’on lui vole « sa fête », durant la semaine sainte, il a lancé des accusations à travers les médias : « on dit, on m’a dit, on m’a raconté…  que derrière ces brouettages, il y aurait quelqu’un qui, du point de vue politique, voudrait créer un groupe qui aurait une autorité sur le reconstruction de la ville… Quelqu’un qui s’intéresse à ces manifestations pour, ensuite, pouvoir entrer de plein pied dans la conduction du ramassage des gravats et de la reconstruction ». Mais, n’en déplaise au monseigneur, le jour de Pâques se passe sans problèmes. A L’Aquila, après la Basilique de Collemaggio réouverte partiellement pour Noël, c'est la Chiesa delle Anime Sante qui réouvre en partie avec un grand écran à l'extérieur. Et dans les brouettes de ce jour de pluie où on se retrouve sous la tente pour partager le repas, il y a …. des œufs en chocolat.
Dimanche 11 avril :
je ne reviendrai pas sur les cérémonies commémoratives du 6 avril, premier anniversaire du séisme. Cependant, du côté des sympathisants du gouvernement, si on n’a pas aimé les sifflements de protestation qui sont montés à la lecture du message de Berlusconi, de l’autre on a aimé les insinuations venimeuses de l’archevêque. Un débat télévisé savamment orchestré et hop ! le clan de « ceux qui se dissocient » du peuple des brouettes naît sur Facebook. Jusqu’où peut arriver la stupidité et le servilisme … Mais peu importe, car le jour même et en partie sous la pluie, les coureurs d’un marathon se transforment en terrassiers improvisés.
Dimanche 18 avril : dans les brouettes, il y a d’autres gravats, mais il y aussi… des livres. Ceci pour attirer l'attention sur les retards des restaurants universitaires qui portent préjudice au droit aux études. Sous la grande tente de Piazza Duomo, on aménage un coin bibliothèque.

Dimanche 25 avril : le rituel reste le même, mais c’est le jour de « Domà », la réécriture de la chanson « Domani » (demain) enregistrée il y a un an par cinquante-six artistes italiens en soutien aux sinistrés, mais cette fois-ci avec des paroles qui racontent un an d'une terrible réalité, en dialecte local, chantée par un groupe de 40 artistes de L’Aquila, et bien vite reprise en cœur par tous ceux qui aspirent à une renaissance de l'art à L'Aquila.


Arrivé à cette phase de mon récit, ma tâche devient difficile, car tous ceux qui passent par ici ne manqueront pas de se demander : mais ce peuple des brouettes, quel but concret poursuit-il ? Car il est évident que ce n’est pas avec des brouettes qu’on va déblayer 4 à 5 millions de m3 de gravats, il est évident qu’il faut bien plus que de la bonne volonté, des élans du cœur, des repas pris en commun le dimanche, un site élargi à tout le monde qui raconte, informe et centralise toutes les suggestions et une permanence sous la grande tente de Piazza Duomo pour REconstruire une ville historique mortellement blessée dont on a volontairement chassé les habitants. Car si une ville est un endroit où on travaille (pour un petit nombre), où on s’amuse (pas encore), où on projette (dans les esprits et sous la grande tente), cela ne reste une ville, - ne redevient une ville dans le cas présent -, qu’à condition qu’on puisse y habiter.


Alors, même si de loin il m’est difficile de bien me rendre compte des progrès de ces résistants Aquilani, je suis avec eux à 100 %. Car si j’étais à leur place, si j’avais cru pouvoir compter sur une Protection civile qui m’a trahi avant le désastre, si j’avais perdu ceux que j’aime ou simplement le lieu de référence auquel s’accroche chaque être humain, si j’avais vécu l’horreur de la dispersion forcée et le climat de loi martiale imposé dans les tendopoli pendant 7 mois, si j’avais dû subir un assitantialisme autoritaire et annihilant dont je ne voulais pas et qui me dégradait aux yeux de mes concitoyens, si on m’avait relégué dans les HLM-dortoirs dont je ne soupçonnais ni l’isolement physique et moral, ni la désolation ; si je faisais partie de ceux qu’une bureaucratie opaque empêche de rentrer chez eux pour y faire réparer ce qui est réparable ; si j’appartenais à ceux dont on paralyse l’activité commerciale ; si on essayait de me
priver du procès qui devrait voir la condamnation de ceux qui ont construit les immeubles qui se sont écroulés comme des châteaux de sable ; si, depuis des mois, j'attendais en vain le moindre projet de REconstruction de ma ville bien-aimée qui risque de sombrer dans un chaos trouble ; bref, si j’avais été l’instrument de propagande médiatique d’un gouvernement qui pense plus au gros business et à satisfaire la caste au pouvoir qu’à ses concitoyens en difficulté, etc., eh bien... 

... j’aurais besoin de la chaleur humaine que secrète finalement ce peuple des brouettes, entre autre riche en personnes professionnellement compétentes qui cherchent à y voir clair ; j'aurais besoin de cette matérialisation de la vie qu'il représente dans une ville morte ; j’aurais besoin de la résurgence, de la récupération de ma personne-pensante dont il est l'emblème ; j’aurais besoin de l’écoute qu’il accorde, j’aurais besoin de m’unir à lui pour agir, ne serait-ce qu’en pelletant et en passant des seaux à la chaîne le dimanche dans une solidarité joyeuse dont je ne sais plus rien ; j’éprouverais le désir d’aller sous la grande tente de Piazza Duomo (photos), pour croire que je suis encore vivant/te, pour partager mes idées, pour élaborer, projeter, discuter, voter pour approuver ou désapprouver, ou ne serait-ce que pour écouter, pour prendre conscience que nous sommes nombreux à croire que L'Aquila est récupérable dans le cadre d’un développement durable, hors de toute spéculation et sans gaspillage ; même s’il faudra du temps, beaucoup de temps.

 

4) D’ailleurs, que les HLM-dortoirs dispersées et laids aient été une grave erreur, et qu’on puisse REconstruire le centre historique de L’Aquila « immédiatement, avec du matériel léger, peu coûteux et antisismique », ce n'est pas le peuple des brouettes qui le dit, mais Renzo Piano, l’un des plus fameux architectes au monde, ici, tout comme Massimiliano Fuskas avant lui, dès les premiers jours du désastre, ou encore les urbanistes Giuseppe Campos Venuti dans une interview récente et Vezio de Lucia ici. Mais il s’agit à nouveau d’une histoire un peu longue, que je raconterai dans mon prochain billet.

 


(1) Chiffres sous réserve. Une des spécialités du gouvernement actuel à propos des comptes publics, c'est de faire continuellement des effets d'annonce, laissant ensuite les contribuables italiens dans le vague, sans jamais aucune confirmation ou aucun démenti. Sur le site de la Protezione civile italienne au-dessus des lois et qui ne doit rendre des comptes qu'au Président du Conseil en personne, Berlusconi dans le cas présent, pour faire semblant de jouer à la transparence, on assiste à un bal continuel de tous les chiffres, aussi bien du nombre de bâtiments, que des personnes relogées ou des coûts, etc., à la hausse ou à la baisse comme on le démontre ici et , documents à l'appui. Si bien qu'après que les C.A.S.E/HLM aient coûté de 2.400 à 2.700€/m2 pendant un an, aujourd'hui, la Protezione civile affirme avoir fait des aménagements structurels encore inexistants et à l'improviste affiche 1.308€/m2 !? Après avoir fait abracadabra ?

 

Tous mes billets sur le Tremblement de terre du 6 avril 2009 à L'Aquila 

1 : Jour de Pâques... qui suit le tremblement de terre de L'Aquila

2 : Les risques de la reconstruction

3 : Les lieux communs

4 : Avant et après

5 : Sur la scène et dans les coulisses

6 : L'éclosion des petits malins

7 : La parole aux blogueurs

8 : Là aussi on vote... malgré tout

9 : Ce qu'aucun JT italien ne raconte

10 : Les Aquilani en colère vont protester à Rome
11 : A trois mois du séisme vers le Sommet du G8

12 : La parade du G8 à son apogée et les réponses des Aquilani

13 : L'erreur d'Obama

14 : Les Aquilani plus isolés que jamais

15 : Vu de loin

16 : La grande confusion

17 : 6 mois après, cahin-caha, mais toujours en dépit du bon sens

18 : Après une longue mise sous tutelle, les Aquilani reprennent possession de leur ville que le gouvernement laisse mourir.

19 : Manoeuvres électorales sur Wikipédia

20 : Un dimanche après l'autre et à la barbe des tentatives d'instrumentalisation, le tissu social de la ville se reconstitue.

21 : Un an après !

23 : Deux films qui racontent l'horrible réalité du post-séisme
24 : Vers une Union européenne de sinistrés ?

25 : 15 mois après, les Aquilani sont toujours sinistrés, abandonnés leur sort et... matraqués

26 et les suivants ici
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Ecrit par ImpasseSud, le Dimanche 2 Mai 2010, 15:58 dans la rubrique "Actualité".