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Tremblement de terre à L’Aquila (20) : Un dimanche après l’autre et à la barbe des tentatives d’instrumentalisation, le tissu social de la ville se reconstitue.

Pour mieux saisir ce qui suit, il faut savoir deux choses. La première, c’est qu’à L’Aquila, après le terrible tremblement de terre de 1703 qui vit périr un tiers de ses habitants, les autorités de l'époque incitèrent la population restante à ne pas quitter la ville et à en commencer immédiatement la reconstruction. Tout le contraire du gouvernement de Berlusconi qui, après celui du 6 avril 2009 et la première urgence passée, a sciemment déchiré le tissu social en dispersant la population, laissant que le centre historique se meure, et donné la préférence aux entreprises extérieures à la région pour tous les travaux relatifs au sommet du G8, au relogement provisoire et à l’énorme économie de sous-traitance qui en a découlé, empêchant ce qu'il restait de l'économie locale de se relever rapidement. La seconde, c’est qu’en Italie, comme déjà écrit avant-hier, on est en période électorale. Alors, comme par hasard, bon nombre d’autorités politiques et religieuses en ont retrouvé la route qu’ils avaient oubliée : certains pour élargir leur électorat, d’autres pour tirer un peu plus la couverture à soi (avec les tactiques les plus mensongères 1 ou les plus douteuses 2), d’autres encore pour essayer de mettre le mouvement de « la révolte des brouettes » sous leur bonnet. L’Aquila a même retrouvé les faveurs du petit écran. Pas toujours dans le sens de la vérité, comme d’habitude, mais le fait est que les Aquilani font désormais trop de bruit pour qu’on les ignore, et que la cohésion, la détermination et l’habileté dont ils font preuve dans la récupération de leur centre historique ont commencé à susciter un sentiment qui va du respect à la crainte.

 

« Et dimanche prochain ? » C’est par ces mots que se terminait mon billet du 1er mars où j'ai raconté comment, à mi-février, les Aquilani ont décidé de reprendre possession de leur ville. Depuis lors, chaque dimanche, fidèles au rendez-vous, toujours plus nombreux, par milliers, grands et petits, jeunes et vieux, ils arrivent de tous les coins de la région où ils ont été relégués. Armés de pelles, de pioches, de seaux et de brouettes, ils déblaient en triant. Ce qui s'y passe a quelque chose de merveilleux, la saveur d’une autre époque de par l'accouplement de deux aspects : viscéral et intelligent.

 

1) Le côté viscéral, nul ne le racontera mieux qu’Elisa Cesaroli, habitante de L’Aquila, dont Miss Kappa rapporte le témoignage sur son blog.

10 mois et 22 jours, 328 réveils

« Hier, le jour le plus beau de cette nouvelle vie ! Mesdames et Messieurs, je suis enchantée d’avoir vécu ce dimanche 28 février 2010 aux côtés de mes concitoyens et d’avoir pu toucher de mes mains, en plus des gravats (pas beaucoup plus que de la terre, à présent), l’amour que j’éprouve pour ma ville. Presque 11 mois à me demander où ils étaient, ce que nous étions devenus… Hier, je les ai retrouvés : visages connus et personnes jamais vues… Ils étaient tous là : le sous-directeur de mon lycée, mon pédiatre, âgé désormais, qui relâchaient des interviews ; Alé, mes amies de toujours, mon professeur de philologie italienne, mon frère avec sa petite voiture, mes parents avec Iris en laisse, Tommaso, 4 ans, le monsieur de la quincaillerie avec son cigare, les gens dont j’ai fait la connaissance après le 6 avril et qui, à partir de ce 6 avril, dans la dispersion des affections où nous avons tous vécu, sont devenus des points fermes. Hier, il y avait les femmes extraordinaires qui, depuis des mois, caressaient des rêves et luttaient pour cette ville : Giusi, Anna, Enza, Maura, Sara, Pina… Il y avait les hommes qui, avec ironie et intelligence, travaillaient pour une ville meilleure que celle où nous vivions il y a un an : Marco, Ettore, Ezio, Bonifacio, Pambianchi, les frères Frezza, Federico.      

Hier, L’Aquila a élaboré son deuil et vécu une fête… Hier, j’ai eu le sentiment que L’Aquila pouvait redevenir un lieu accueillant… Hier, j’ai eu le sentiment d’être chez moi, j’ai eu le sentiment de me trouver dans une ville vivante… Hier, à L’Aquila, il n’y avait aucune place pour les uniformes, les symboles ou les drapeaux… C’était la journée de tout le monde, contre personne. Hier, à L’Aquila, il y avait les Aquilani et leurs amis venus du dehors pour se passer des seaux pleins de gravats… Hier, à L’Aquila, il y a eu un miracle… Hier à L’Aquila, il y avait L’Aquila…  

Dans chacun des seaux que j’ai passés, j’ai senti que je laissais partir et mourir des bribes de ma douleur, qu’ils me rendaient ma liberté… Des seaux pleins de douleur qu’on se passait de mains en mains. Et pour chacun des seaux pleins de gravats qui partait, c’est un seau vide qui revenait, prêt à être rempli d’espoir et de belles choses. »


2) le côté intelligent : les gravats d’une ville d’art pluriséculaire ne sont pas n’importe quels gravats : les pierres, briques, tuiles, terres cuites, bois, et matériaux les plus divers ont une âme antique, sont le produit de techniques d’un autre âge. Sans parler des vestiges inattendus, comme des morceaux de corniches, de colonnades ou d'une embrasure de porte, ou encore les fragments d'une sculpture aux traits délicats, qu'on pourrait remettre à leurs places ou restaurer. Faut-il laisser tout cela à la voracité d'un Caterpillar, puis aller le jeter ensuite, sans distinction, au fond d'une des carrières dont les sites, à ce jour, n'ont toujours pas été identifiés, comme l’a proposé la Ministre de l’environnement, dépitée tout comme son gouvernement face à l’initiative des Aquilani ? A titre indicatif, le dimanche 7 mars (photos 1-2), « il popolo delle carriole », comme on l'appelle désormais en Italie, avait déjà trié et récupéré 40 tonnes de matériels, n’en envoyant que 10 à la décharge. 
Voici le récit que Miss Kappa, antiquaire et restauratrice de son état, fait de cette belle journée.

 

"A tous prix !

Hier, journée de soleil. Très froide. Un vent glacial coupait les visages et paralysait les doigts. Malgré cela, les Aquilani venus pour aider leur ville étaient très nombreux. Même ceux du dehors. Beaux visages, bonne volonté, et envie de s’y mettre. Les amis de la circonscription de Paganica, avec le poids de leur centre historique dévasté et un trop grand nombre de personnes encore sans toit, ont parcouru huit kilomètres à pied, avec des pelles et des brouettes, pour nous rejoindre et continuer à pelleter avec nous les décombres de Piazza Palazzo. Le travail a bien marché, organisé et rapide. Et c’est avec minutie que nous avons trié le matériel de ce tas de gravats, désormais symbole, pour nous, de notre vie et de notre renaissance. L’information insolente qui domine notre pays déforme encore une fois le sens du travail que nous, « le peuple des brouettes », nous sommes en train d’effectuer. Nous n’avons aucune hâte qu’on nous débarrasse de notre histoire, la hâte est mauvaise conseillère. Et nous, nous le savons, car c’est sur notre peau que nous avons vécu l’horreur que la hâte de la construction de l’après-séisme a amené sur nos terres. Nous ne voulons pas d’un déblaiement des gravats sans critères, comme l’a annoncé la Ministre de l’environnement hier, dans une prompte réponse au travail que nous effectuons. Nous, nous ne le permettrons pas, nous y sommes fermement décidés. Nos gravats contiennent du matériel immédiatement réutilisable pour la reconstruction : des briques, des tuiles, des pierres. En plus, ils contiennent des éléments extrêmement précieux, qu’il faut cataloguer et conserver précieusement. Mais aussi beaucoup de matériel recyclable comme du fer, du bois, du cuivre, du plastique, du verre. Nous le savions déjà, mais voilà que, après deux dimanches de travail, nous les avons sous les yeux. Alors nous avons fait le tri, de façon ordonnée, arrivant à la conclusion que ce qu’il faut envoyer à la décharge ne dépasse pas 30 % des 5 millions de tonnes qu’on proclame avec emphase tous les jours. Nous voulons récupérer nos richesses, et nous ne permettrons pas que d’autres continuent à spéculer sur la tragédie qui nous a frappés. Nous prétendrons la plus grande des transparences sur les opérations qui s’occuperont de nos décombres. Le très grand nombre de personnes au chômage technique et les chômeurs demandent à ce qu’on les emploie pour ce travail. Nous disposons de la main-d’œuvre et de la professionnalité nécessaire pour garantir le processus de traitement de nos gravats, la ministre de l’environnement devraient bien le comprendre. Mais elle déclare que « les gravats ne seront bientôt plus qu’un mauvais souvenir ». Nous, nous ne voulons pas qu’ils soient un souvenir, beau ou laid qu’il soit, nous voulons qu’ils deviennent notre mémoire, notre histoire, notre vie, notre richesse. A tout prix !!!"

Récit accompagné de cette vidéo, qu'il ne faut surtout pas manquer !!!!


Donc, en résumé, un mouvement populaire spontané, sans aucune étiquette politique, qui "fonctionne" et qui est décidé à aller de l'avant; un consensus qui s'élargit à vue d'oeil, même au niveau des "techniciens", pour un ramassage à la main, avec amoncellements soigneux de ce qui est réutilisable devant chaque immeuble et création d'un catalogue des objets de valeur pour qu'ils puissent être rendus à leurs propriétaires légitimes; emploi pour ce faire des Aquilani au chômage, unis en coopératives avec des carrières locales, tel est le programme du "peuple des brouettes".

Voilà bien le problème du gouvernement qui déteste toutes les initiatives individuelles, encore plus si elle sont hors business. D'où la décision soudaine de prendre de vitesse les citoyens des « dimanches aquilani », de commencer le déblaiement des gravats ignorés prendant près d'un an. Une hâte électorale, cela va de soi, sans le moindre plan de travail, et... en envoyant l'armée sur place. Ceci a été la décision du Conseil des ministres du 11 mars.

 

Donc, à suivre...

D'autant plus que, désormais indifférents aux agitations stériles, chaque dimanche, en plus de pelleter et de trier, les Aquilani ont commencé à projeter leur futur : non pas un futur utopique, mais qui part exactement de la situation dans laquelle ils se trouvent, aujourd'hui, à près d'un an du séisme qui a bouleversé leur vie.


(Les textes en italique ont été traduit de l'italien par ImpasseSud)

 

Tous mes billets sur le Tremblement de terre du 6 avril 2009 à L'Aquila 

1 : Jour de Pâques... qui suit le tremblement de terre de L'Aquila

2 : Les risques de la reconstruction

3 : Les lieux communs

4 : Avant et après

5 : Sur la scène et dans les coulisses

6 : L'éclosion des petits malins

7 : La parole aux blogueurs

8 : Là aussi on vote... malgré tout

9 : Ce qu'aucun JT italien ne raconte

10 : Les Aquilani en colère vont protester à Rome
11 : A trois mois du séisme vers le Sommet du G8

12 : La parade du G8 à son apogée et les réponses des Aquilani

13 : L'erreur d'Obama

14 : Les Aquilani plus isolés que jamais

15 : Vu de loin

16 : La grande confusion

17 : 6 mois après, cahin-caha, mais toujours en dépit du bon sens

18 : Après une longue mise sous tutelle, les Aquilani reprennent possession de leur ville que le gouvernement laisse mourir.

19 : Manoeuvres électorales sur Wikipédia

21 : 1 an après !

22 : Un an après, le bilan

23 : Deux films qui racontent l'horrible réalité du post-séisme
24 : Vers une Union européenne de sinistrés ?

25 : 15 mois après, les Aquilani sont toujours sinistrés, abandonnés leur sort et... matraqués
26, 27, etc... toute la suite ici 
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Ecrit par ImpasseSud, le Samedi 27 Mars 2010, 09:54 dans la rubrique "Actualité".

Commentaires et Mises à jour :

Giovanni
28-03-10 à 00:14

 

J’ai traduit en italien quelques morceaux de ton dernier article, qui s’adressait en premier lieu aux italophones. J’ai envoyé ces extraits aux sites les plus combatifs de L’Aquila, mais à la veille du vote tout dort ici, en attendant les modérateurs. Voilà donc…

 

 

Terremoto a L’Aquila (19) Manovre elettorali su Wikipedia ?

 

Da quasi un anno seguo con assoluta continuità su Wikipedia gli articoli, in italiano e in francese, relativi a « L’Aquila » e al « Terremoto dell’Aquila del 2009 » (…) Ora, quale non è stata la mia sorpresa nel trovare le due pagine completamente rielaborate. (…) In particolare, nella pagina dedicata a «L’Aquila» (…) vedo questa specie di dépliant turistico su una città in piena salute:

 

http://it.wikipedia.org/wiki/L%27Aquila

 

Il buco nero in cui l’ha fatta precipitare il 6 aprile 2009 è inesistente ? (…) Chi ha osato scrivere questa pagina di mistificazioni ?

Quanto alla pagina « Terremoto dell’Aquila del 2009 », non si tratta più di una pagina di enciclopedia (…) ma di un vero e proprio manifesto politico, di una fatuità smisurata e ingannatrice:

 

http://it.wikipedia.org/wiki/Terremoto_dell%27Aquila_del_2009

 

A gloria di chi ? (…) Wikipedia ha dunque licenziato i suoi moderatori ? Mi domando cosa ne pensino gli Aquilani. Finora, fortunatamente, le versioni francesi non si sono ancora lasciate contaminare da questa accozzaglia propagandistica. Ma l’elettorato italiano ?


 
ImpasseSud
28-03-10 à 15:49

Re:

Giovanni, je me demande pourquoi tu as posté ce commentaire sous ce billet alors qu'en fait tu commentes le précédent ;-)

De toute façon, un grand merci pour avoir pris le relai de mon billet en en faisant une traduction partielle pour les italophones à qui il s'adresse également, sans aucun doute.
En fait, quand je me suis aperçue de cette "réélaboration", la première chose que j'ai faite c'est d'envoyer un courriel en italien à Miss Kappa pour le lui signaler. Ensuite, et vu qu'un certain nombre de mes lecteurs francophones continuent à s'intéresser à ce qui se passe à L'Aquila, dans un second temps j'ai décidé de le raconter en français, pour eux, afin qu'ils se rendent compte jusqu'où on peut pousser le fanatisme politique à la veille des élections dans un pays qui semble uniformément frappé de cécité, à gauche encore plus qu'à droite.

Je sais combien la situation est difficile pour les Aquilani, combien ils sont seuls, et c'est avec une grande admiration que, chaque jour, je suis ce qui s'y passe. Je sais également combien leurs membres les plus combatifs sont occupés par la tâche de renaissance qu'ils se sont fixés. Mais est-ce normal que personne ne se soit aperçu ou ait réagi à ce "maquillage", qui plus est, justement, en période électorale ? J'ai parfois l'impression que leurs internautes, ceux qui les racontent, tournent en vase clos.


 
PierreDesiles
30-03-10 à 12:13

Re: résultat des élections....

Bernenousconi a encore réussi son coup aux dernières élections italienne !?...

Un article peut-être ?

:)


 
ImpasseSud
30-03-10 à 15:14

Re: résultat des élections....

Il a réussi son coup, ouuui.... A moins que ce ne soit la gauche qui ait loupé le sien, entre la totale incompétence de ses vieilles badernes en plein autisme et la stupidité de ceux qui continuent à voter pour eux au lieu de les sanctionner pour les réveiller... En fait, l'absentéisme a augmenté et le grand vainqueur, c'est la Ligue du Nord, mais il y a aussi une nouvelle panoplie de petits vainqueurs. Tout cela est très très compliqué.
Un billet ? Je ne sais pas, car les chemins extrêmement tortueux des magouilles politiques italiennes, ça fait des années que j'essaie de les expliquer à l'esprit rationnel français. En vain, et souvent je préfère y renoncer. Mais si tu veux en savoir plus, je te conseille d'aller lire le dernier billet du blog d'Eric Valmir, correspondant de Radio France à Rome, dont je partage tout à fait l'analyse.

A L'Aquila aussi la présidence de la Province est passée au parti de Bernenousconi, comme tu l'appelles si bien. C'est toi qui a inventé ce sobriquet des plus éloquents, ou est-ce qu'il existait déjà ? :-)


 
PierreDesiles
30-03-10 à 21:25

Re: résultat des élections....

""Mais la démocratie est en péril quand les citoyens ne vont plus voter et cèdent aux sirènes du populisme et de la sécurité""   Eric Valmir

Très bien le billet de Valmir, et très clair. Il explique bien l'imbroglio politico-démocratico-socialo-berno-écoeuro des électeurs devant un choix de société. C'est le peuple qui est en berne au chevet de son destin, dictée par des urnes tronquées. Que disent les enquêtes d'opinion impartiales de neutralité ? Les gens sont-ils fatigués d'être roulés dans la farine ou bien cela ne les empêche pas de vivre ?

Je comprends ton désaroi, ImpasseSud, mais le monde n'est fait que de trompe l'oeil, mis en évidence dans certaines circonstances particulières. Je dis toujours, il y a la façade, le laisser paraître et il y a les coulisses où tous les coups sont permis... ! Heureusement que toi et moi faisons de la résistance.

Pour ce qui est du sobriquet, il m'est venu spontanément. Il y a des noms pré-destinés...

----------------------------------------------------------------------------------

""A L'Aquila aussi la présidence de la Province est passée au parti de Bernenousconi...""

L'abstention y était-il d'avantage qu'ailleurs à L'Aquila ?

:)


 
ImpasseSud
01-04-10 à 08:18

Re: résultat des élections.... avec RECTIFICATION

Pierre,

En ce qui concerne L'Aquila, le taux d'absention a été le même qu'ailleurs. Mais il est important de faire une précision, à titre, hélas, exclusivement indicatif. Si la Province de L'Aquila est effectivement passée sous la houlette de Bernenousconi, à L'Aquila-ville, c'est la gauche qui a gagné avec 56,74 % des voix, "Malgré le comportement très critiquable qui a été le sien avant et après le tremblement de terre. Malgré la politique de division des pouvoirs et des privilèges. Bien qu'elle n'ait jamais pris position en faveur des besoins de ses habitants. Bien qu'elle n'ait eu ni le moyens, ni la possibilité de faire sa campagne électorale. Bien qu'elle n'ait mis sur pied aucun transport pour permettre aux électeurs lointains de se rendre dans leurs sièges pour voter. Bien que les bureaux de votes aient été installés dans les endroits les plus impensables et qu'il ait été très difficile de comprendre pour qui voter", écrit Miss Kappa sur blog.
Et cela, aucun JT, aucun journal ne l'a annoncé, présentant au contraire la victoire nominale du candidat de droite comme la preuve de la gratitude et de la satisfaction des Aquilani envers la gestion de Bernenousconi.

Je suis en train de préparer un billet à propos de ces élections. C'est dur, dur, et je ne sais pas encore si jen viendrai à bout, car, sans aucune nécessité d'améliorer l'analyse d'Eric Valmir, j'ai décidé de passer à une considération beaucoup plus élargie.


 
PierreDesiles
01-04-10 à 20:25

Re: résultat des élections.... avec RECTIFICATION

""c'est la gauche qui a gagné avec 56,74 % des voix,""

Cela ressemble aux résultats des régionales à la Réunion, sauf qu'ici c'était un vote sanction en vrai trompe l'oeil pour regards avertis !

Pauvres Aquilani embernusconisés jusqu'au cou ! A quand la grande marée rose salvatrice  pour nettoyer les restes du 6 avril 2009 ?

Courage pour ton billet ImpasseSud !

:)


 
PierreDesiles
02-04-10 à 20:40

L'AQUILA sur France 2

Enfin on parle de L'Aquila ! Oui, mais pour dire quoi?

On y a vu des spécialistes, archéologue, restaurateur etc... pour la sauvegarde des oeuvres d'art. Un centre de restauration a été construit pour y retaper tout ce qu'ils ont pu récupérer de religieux sous les gravas avec une armada d'experts en tous genres ! La facture sera lourde pour y reconstruire à l'identique Eglise et Cathédrale ! 3,5 milliards d'euro !

La restauratrice des statues religieuses, et surtout de la Madone, dit que les Aquilani attendent son retour.

C'est un beau reportage, soit ! Mais pas un mot sur les habitants et leurs souffrances, pas une image sur la ville actuelle et aucun habitant interrogé ! La censure aussi est restaurée? 

http://jt.france2.fr/20h/


 
ImpasseSud
03-04-10 à 14:52

Re: L'AQUILA sur France 2

Pierre,
Un grand merci pour cette info dont je n'aurais rien su si tu ne me l'avais pas signalée.
En effet le tour d'horizon est plutôt bref et aseptique, et ressemble assez à ces informations bouche-trous, fabriquées à la va-vite et sans objectivité, que toutes les rédactions tiennent toujours à portée de main. Même si on avait décidé de se limiter aux dégâts relatifs au domaine historique de la région de L'Aquila, on aurait au moins pu se donner la peine de passer une vidéo qui reflète l'exacte ampleur du drame (2000 monuments historiques ou culturels endommagés, dont 1.300 églises, etc..), une vidéo comme celle-ci par exemple, qui en quelques minutes fait une synthèse de la question, et qu'il suffisait de sous-titrer en français en coupant les passages inutiles pour un public français.
Mais ainsi va l'information de nos jours : peu importe le contexte, ce qui compte avant tout c'est de servir l'opinion ou la tendance de celui qui vous paie. Dans le cas présent, à l'approche du 6 avril, 1er anniversaire du séisme, on a sans doute jugé important d'illustrer le fait que la France s'est effectivement engagée à participer à la reconstuction de la cathédrale de L'Aquila, "Notre Dame du Suffrage". 
Bah! Mieux que rien somme toute....

En ce qui concerne l'attachement des gens à la Madone, c'est une constante de l'Italie, qu'on retrouve du nord au sud, à laquelle on attribue souvent, jusque dans le nom qu'on lui donne, un rôle de partage de la douleur ou celui de la consolation. Un très grand nombre de villes et de villages ont "la leur", partie intégrante de la vie de leurs habitants, avec, presque toujours, un bagage local de mystères, de miracles et de fêtes annuelles d'une grande intensité.
Dans le cas spécifique de la Basilique de Collemaggio (de son vrai nom Santa Maria di Collemaggio, promu à cathédrale à Noël dernier) dont on survole les décombres et la couverture en plexiglas dans ce reportage, il est dommage qu'on ne l'ait pas montrée avant le séisme, car avec la fontaine des "99 canelle" (1-2-3), c'était et cela reste l'emblème de L'Aquila. Pour inciter les gens à reconstruire ou à aider à la reconstruction, n'est-il pas essentiel de montrer ce qu'il y avait... avant ?

Pour le restant, la situation reste drammatique, à tous points de vue, que ce soit au niveau de la récupération du grand nombre d'habitations du centre ville mais aussi des quartiers neufs dont les réparations n'ont pas encore commencé, au niveau du centre ville toujours encombré de gravats et normalement fermé à la population, ou à celui du patrimoine artistique où, jusqu'à présent, l'Etat s'est borné à la récupération des biens transportables et à l'étayage de 50% du patrimoine culturel.
La grosse question reste celle de l'argent : le coût global de la reconstruction est estimé à près de 8 milliards d'€  : cet argent existe-t-il ? Est-il repérable ? Pas moyen de le savoir et mis à part la construction en plein champs des horribles HLM-dortoirs à un prix exorbitant, à un an du séisme il n'existe toujours aucun programme sérieux de reconstruction. Et vu que, contrairement au Chili où le nouveau Président Pineira (une sorte de Berlu, paraît-il) a immédiatement levé un impôt extraordinaire au lendemain du séisme du 27 février pour faire rentrer de l'argent pour la reconstruction, ici le gouvernement n'a prévu aucune mesure extrordinaire parce que Berlu, en vieux filou qu'il est, a préféré, pour ne pas risquer d'égratigner sa popularité, prendre la précaution de demander leur avis aux partis qui lui ont ont répondu... NON (même pour ceux dont le revenu dépasse 100.000€ par an), eh bien, de l'argent pour la reconstruction de L'Aquila, il est fort probable qu'il n'y en ait pas beaucoup. Alors, on préfère laisser la population dans le vague. Mais, que diable, on ne trouvera certainement pas une telle somme sous le sabot d'un cheval !!!!

Du côté de la réparation des habitations, les Aquilani (qui n'ont pas le droit de rentrer chez eux sans autorisation préalable) se retrouvent face à une espèce de mur du silence construit sur une bureaucratie dantesque inventée pour l'occasion, contre lequel gouvernement, Protection civile et administrations communales se renvoient la balle.
Du côté du patrimoine artistique et de la récupération des centres historiques, Bernenousconi répète continuellement que "ça prendra très longtemps" (!?). En attendant, de toutes les aides internationales promises après le séisme ou lors du G8 déplacé de la Sardaigne à L'Aquila (pour un coût total de 513 millions ! détails ici) pour encourager les souscriptions (la fameuse "Liste de mariage"), à ce jour et mis à part les quelques parrainages directs, il semble qu'il n'arrivera que quelques 50 millions d'Euros et que les seuls pays qui n'aient pas oublié leurs engagements sont :
La France (sans doute grâce à Mme Sarkozy-Bruni) qui s'est engagée pour 3,2 millions d'€, l'Allemagne pour 3 millions d'€, la Russie pour 7 millions d'€, et le Kazakhstan pour 1,7 million d'€.

Je me demande tout à coup où sont passés les 493 millions d'€ dont le Parlement européen a approuvé le déboursement en octobre dernier.

:) (PS. Le nom de la ville c'est "L'Aquila", l'article en est partie intégrante)


 
Giovanni
06-04-10 à 03:08

Re: L'AQUILA sur France 2

A cette heure-là j'ai recuelli une série de commentaires en français de l'anniversaire:

2010-04-06 L'Aquila: au 1er anniversaire du séisme, récriminations puis recueillement

[L’Aquila: al primo anniversario del sisma recriminazioni e raccoglimento]

http://www.romandie.com/ats/news/100405220318.fs4zb5ie.asp

 

 

2010-04-05 Un an après, L'Aquila est encore une ville morte au milieu des gravats

[Un anno dopo, L’Aquila è ancora una città morta tra le macerie]

http://news.fr.msn.com/m6-actualite/article.aspx?cp-documentid=152907711

 

2010-04-05 L'Aquila, un an après le tremblement de terre

[L’Aquila, un anno dopo il terremoto]

http://www.rfi.fr/contenu/20100405-aquila-an-apres-le-tremblement-terre-0

 

2010-04-05 L'Aquila est encore une ville morte

[L’Aquila è ancora una città morta]

http://www.dna.fr/articles/201004/05/aquila-est-encore-une-ville-morte,international,000002355.php

 

2010-04-05 L'Aquila tente de panser ses plaies un an après le séisme

[Una anno dopo il sisma L’Aquila tenta di medicarsi da sé le ferite]http://info.sfr.fr/monde/articles/Aquila-tente-de-panser-ses-plaies-un-an-apres-le-seisme,134660/ 


 
ImpasseSud
06-04-10 à 09:30

L'AQUILA sur France 2.... et ailleurs à l'étranger

Giovanni,
Un grand merci pour toutes ces signalations. J'ai trouvé d'autres articles dans la presse belge, anglaise et espagnole, etc... En somme, la presse internationale fait un bilan et s'étonne face à une reconstruction qui n'a pas encore recommencé, mais les Italiens en sauront-ils quelque chose ?!?!

Quant aux médias italiens, ils débordent de cérémonies, c'est évident. Mais cela suffira-t-il à réveiller les Italiens, toujours prompts à la larme facile mais qu'une seule phrase de leur marchand de tapis suffit à tranquilliser ?


 
PierreDesiles
06-04-10 à 19:14

Re: L'AQUILA sur le Net -- EuroNews

On peut aussi rajouter cette video qui est plus proche de la vérité que celle de France2

Cérémonie   L’Aquila: 308 coups de cloches au coeur de la nuit

http://fr.euronews.net/2010/04/06/l-aquila-308-coups-de-cloches-au-coeur-de-la-nuit/

Le commentaire résume tout le désarroi de cette population Aquilani qui subit son calvaire dans la dignité, mais jusqu'à quand??

Que fait l'ONU dans tout cela ? C'est quand même le garant des reconstructions post-catastrophes ? On trouve des milliards pour faire la guerre ou "sauver" les banques; mais on lésine lorsqu'il s'agit d'êtres humains sinistrés ! Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? Il suffirait d'un infime prélèvement sur les transactions boursières où l'argent va et vient dans le monde, pour remplir les caisses de l'ONU , afin de faire face à tous ces problèmes sans retenue !

@+ :)


 
ImpasseSud
06-04-10 à 21:39

Re: L'AQUILA sur le Net -- EuroNews

Pierre,
merci pour ces nouveaux liens, sans aucun doute plus explicites que l'encart trop rapide de France 2. Je me suis permise de les récupérer pour mon billet d'aujourd'hui.

Ce qui me fait plaisir, aujourd'hui, c'est cette grande résonnance dans la presse internationale. Quand on pense que Bernenousconi répète sans arrêt aux Italiens, par l'intermédiaire de son monopole des médias, que le monde entier le cite comme exemple pour l'excellence de la reconstruction de L'Aquila. Mais quelle reconstruction !?!? Et les Italiens, qui bien souvent n'ont pas d'autres sources d'information vu qu'ils ne comprennent que l'italien, le croient sur parole.  

Ce que fait l'ONU ? Je me le demande continuellement. Quand je pense que Roberto Saviano, l'auteur de Gomorra (à lire absolument), en réclamait la présence en Italie pour les récentes élections. Le fait est que si, pour en revenir au thème des tremblements de terre, je ne me demande pas encore ce qu'elle fait en Haïti, je me demande vraiment ce qu'elle y faisait avant  le séisme du 12 janvier, sous le nom de MINUSTAH. Je suis presque convaincue que même quand elle reçoit beaucoup d'argent, l'ONU ne sait pas l'utiliser à bon escient.